Pulsion sexuelle transsexuelle & théorie de Bersani ?

Travesti, transgenre, transsexuelle

Ma principale pulsion sexuelle n’est pas de me branler ou d’enfoncer ma bite dans des trous et ne l’a jamais été.

Ma principale pulsion sexuelle est dans l’autre camps, celui des corps qui se font pénétrer.

Comment l’expliquer ?

Léo Bersani, un prof de fac et psychanalyste gay américain a développé une théorie interessante, non pas sur l’explication de pourquoi une personne x aime se faire pénétrer alors qu’une personne y aime pénétrer mais sur la logique sous jacente à chacune des positions.

Selon Bersani, il existe dans la sexualité humaine 2 pulsions contradictoires :

  1. l’envie de valider le Moi, de se sentir fort et dans le contrôle, de se sentir conscient de Soi, de s’affirmer
  2. l’envie d’exploser le Moi, de mourir psychiquement, de se perdre, de ne plus rien contrôler, de disparaitre

Selon lui, chacune de ces pulsions peut exister chez tous le monde, quelque soit le sexe, et nous sommes tous capables d’avoir les 2 pulsions.

Selon lui encore, la personne qui pénètre est dans la pulsion 1, celle du contrôle et la personne qui se fait pénétrer dans la pulsion 2, celle du lâcher prise.

Il n’explique pas pourquoi la pulsion 1 ne permet pas de lâcher prise mais pour avoir pratiquer moi même le sexe actif et passif, je peux deviner pourquoi il pense ca.

Dans la position active il faut bander, tenir l’érection, ne pas éjaculer, faire attention de ne pas blesser l’autre, bouger…donc on est exactement dans l’inverse du lâcher prise, on est dans le contrôle de son corps.

De plus, niveau physique, la sensation est concentrée sur quelques cm de gland avec une vague sensation de plaisir dans la zone du pubis.

Donc que ce soit niveau mental ou physique, aucune chance d’être chamboulé par l’experience !

D’où selon Bersani, l’actif n’aime pas le sexe mais le CONTROLE.

Contrôle de son propre corps et contrôle du plaisir de l’autre car l’autre lui a beaucoup de plaisir physique et un lâcher prise qu’il ne peut contrôler.

En effet, dans la position passive, il n’y a rien à contrôler, on écarte les jambes, on lubrifie son trou et on se laisse faire, d’où on peut s’abandonner plus facilement car aucune pression de la performance.

De plus, sentir quelque chose qui n’est pas nous s’enfoncer 15 cm en profondeur dans notre corps n’est pas sans provoquer une réaction physique de notre corps : le corps cherche à expulser l’intrus en contractant les muscles.

Cette invasion physique si elle est bien menée provoque du plaisir corporel TRES INTENSE et ce plaisir finit par provoquer une effraction psychique, comme si la bite qui pénètre le corps  parvient à pénétrer après x minutes l’esprit et à faire perdre tout repère corporel, spatio-temporel, moral et à faire exploser les barrière de la personne pénétrée qui ne pense plus qu’à une chose : se faire ramoner encore !

En quelque sorte, la personne pénétrée donne le pouvoir sur son esprit  à celui qui pénétre et cet abandon de pouvoir et de contrôle de soi est perçu socialement comme une marque de faiblesse, d’où la sexualité des femmes et des gays est présentée comme inférieure, honteuse.

Selon Bersani, le mâle ayant une bite, un truc qui gonfle et qu’il peut enfoncer dans un trou, il est naturellement  plus enclin à avoir des pulsions actives que la femelle qui se voit limitée par la forme de son corps.

Et bien je trouve cette explication éclaire ma sexualité  car dans le sexe en homme actif avec une femme passive je n’arrive jamais à me lâcher, je me dis que je dois contrôler et faire jouir l’autre, je me sens faux et je me fais chier durant la pénétration et je suis agressif après le sexe.

Dans la pénétration passive, je me sens toute le contraire, à l’aise, moi même, je prends beaucoup de plaisir et je suis douce et reconnaissante après le sexe si j’ai eu un orgasme anal.

Donc je peux dire que je n’ai quasi aucune pulsion de pénétrer active mais que je suis souvent envahie par des pulsions fortes de pénétration passive (spontanées ou après avoir vu  ne femme se faire pénétrer par un homme).

Conclusion : au niveau de la sexualité, je me considère à 95% comme une femme passive et ca joue une grande part dans mon idée que je suis peut être transsexuelle car je ne me sens pas du tout gay.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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