Les 10 mots

J’ai fait l’expérience suivante : demander à des gens s’identifiants comme travestis ou transsexuelles ou femme les 10 mots qui leur viennent à l’esprit quand ils pensent à eux en femme.

Les femmes répondent qu’elles sont femmes…étrange réponse comme si être femme empêche de se penser en femme !

Les transsexuelles répondent des trucs assez pessimistes avec une lueur d’espoir :  « se féminiser,  solitude, se changer, gommer la virilité » donc on sent une forte envie de devenir quelqu’un d’autre face à une société qui refuse.

Les travestis répondent 3 choses :

  1. lecture du catalogue de la Redoute ou de Sephora : liste de vêtements et accessoires pour femmes = »  bas, talons, lingerie, rouge à lèvre, perruque, sac à main… »
  2. du sexe, souvent à caractère masochiste et misogyne avec l’idée qu’ils sont humiliés en femme  : « salope, grosse pute, chienne en chaleur, soumise, dressage, partouze… »
  3. des concepts assez creux qui tournent autour de la femme ou de ce que les travestis penser que la femme doit être : « féminine, sexy, désirable, classe, provocante… »

Ce qui me frappe c’est que chez les travestis il n’y a aucune souffrent ou mal être exprimé, à les écouter ce n’est que du positif !

Alors même que la plupart vivent dans la honte au point de ne même pas pouvoir se montrer sur un chat trans.

 

La différence entre les 2 réponses me confirme que je suis entre les travestis et ls transsexuelles car mes mots sont les suivants :

 

Pulsion (d’être femelle, de changer mon corps)

Anxiété (de ne pas pouvoir être femelle, de ne pas savoir qui je suis)

Suicide (car impossible d’être femme et incertitude sur le caractère réelle de l’envie d’être femme)
Pénétration (me faire pénétrer me donne l’impression que je répare quelque chose en moi)
Jouissance (jouissance d’être en femme, jouissance impossible sans m’imaginer femme)
Exploration (du genre, de mon genre, de ma sexualité)
Subversion (des normes du genre et du sexe)
Nylon (l’objet magique, qui provoque le passage d’homme à femme comme par magie)
Vérité (quand je suis en femme c’est une recherche identitaire sincère et non un déguisement pour exciter les mecs)
Bonne place (me sentir bien, comme une évidence, dans mon rôle sexuel en femme)
Upgrade (devenir moi en mieux c’est à dire moi en version femme, sans tout changer)
Il est clair que dans les mots que je donne il n’y a pas que du plaisir mais pas mal de questionnement et de souffrance.
Je dirais même que le sexe n’est pas l’objectif final mais un moyen, le moyen de me chercher, de me connecter à quelque chose en moi, à une sorte de femme intérieure contre laquelle je lutte.

 

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