Pourquoi je ne me vois plus travesti ?

Travesti, transgenre, transsexuelle

Je ne me vois plus comme une travesti mais comme une personne transgenre, voire une personne transsexuelle.

Pourquoi ?

1) le DSM

Selon la définition du D.S.M. :  travesti = homme qui s’habille en femme pour des raisons érotiques ET sans remettre en question le fait qu’il est un homme.

Je précise que je pense qu’un travesti n’a rien à faire dans le D.S.M. car ce n’est pas un trouble mental, au plus une addiction sexuelle, pas plus problématique d’un point de vue intra-psychique que de vouloir sauter des femmes non stop ou de regarder du porno souvent.

Mais sur la définition du mot travesti le D.S.M. me semble assez juste : un travesti se dit homme, aime être homme et ne veut pas ne plus être homme, il veut juste être un homme qui FAIT la femme.

Je m’habille en partie en femme pour des raisons érotiques, aucun doute sur ce point, donc  je remplie la première condition pour être un travesti.

Mais je remets en doute le fait que je suis un homme, tout d’abord en voulant clairement un corps femelle avec un vagin fonctionnel et ensuite en me demandant carrément si je suis un homme ou si je fais semblant d’être un homme.

Je n’avais pas ces doutes il y a 20 ans. Et pas vraiment il y a 10 ans. Mais depuis quelques années, disons 5 ans, ils sont présents. En fait plus je consulte des psychiatres et plus je doute !

Je me pose clairement des questions sur qui je suis et sur comment je dois vivre, allant jusqu’à envisager une transition, alors même que je ne suis pas en train de fantasmer à fond les turbines en femme dans une backroom mais juste en mec faisant du vélo.

D’où je ne remplis pas la 2 ème condition sur la non remise en cause de l’identité de genre.

Le D.S.M. va plus loin en disant qu’être un travesti qui s’excite sans remettre en question l’identité peut être une sorte de phase de pré-transsexualité (comme un pré-diabète !) phase chez certaines personnes qui vont par la suite développer une dysphorie du genre.

Et je suspecte que je suis dans ce cas car j’ai une dysphorie de genre plus ou moins marquée et je pourrais même peut être carrément recevoir le diagnostic de dysphorie du genre.

Voilà la première raison pur laquelle je ne pense pas être un travesti.

2) le psychiatre n°2

Cette définition du travesti est confirmée par mon psychiatre n°2, Jean Guetta, qui est un psychiatre reconnu dans le milieu trans et qui a 30 ans d’expérience, donc pas un débutant sous l’influence du D.S.M. mais une psychiatre dont l’avis ne peut être balayé d’un revers de manche !

Selon lui, je ne suis pas un travesti car je me questionne sur mon genre et je dois essayer de comprendre pourquoi je me questionne sans me fermer aucune porte ni me mettre des étiquettes.

3) les travestis

J’ai beaucoup parlé à des gens se disant travestis online et je réalise que :

  • les travestis adorent le porno impliquant des « shemales », des « femmes à bite« , plus rarement des trans sans bite

=> moi = je trouve ces gens sexuellement repoussants et je ne regarde jamais ce type de porno

  • les travestis s’identifient à ces gens en se mettant à leur place mentalement

=> moi = je ne m’identifie pas du tout à ces gens, je m’identifie uniquement aux femmes dans le porno

  • les travestis ont souvent une dynamique masochiste, basée sur l’humiliation d’être féminisé et de se dire « féminine » en ayant une bite

=> moi = je ne me sens en rien humiliée en femme, au contraire, je me sens validée et affirmée, améliorée et j’aimerais ne plus avoir de bite

  • les travestis ne cherchent pas à passer inaperçus en femme mais à provoquer un désir sexuel chez l’autre, ils caricaturent ce qu’ils pensent être la féminité et confondent le look B.C.B.G. avec le look pute du bois.

=> moi = je ne cherche pas du tout à avoir ce look pute, provoquant, pseudo sexy,  je trouve ca moche sur les femmes alors sur un corps de mec je trouve ca grotesque, je cherche à ressembler à une femme banale de 42 ans  !

  • les travestis se collent des étiquettes sexuelle sans même qu’on leur demande quelque chose, comme pour se présenter comme  males normaux : hétérosexuels ou bisexuels (pour les plus rebels)

=> moi = je ne me vois pas comme attirés par les autres mais par moi en femme, plutôt auto-érotique, avec comme moteur être femme dans mon propre regard et dans celui des hommes.

  • les travestis collectionnent les vêtements pour femmes et en not le centre de leur vie en femme

=> moi = à part le nylon, les vêtements pour femme ne m’excitent pas, j’aime les porter pour me voir femme mais je les vois comme un moyen et non comme une fin donc j’ai quasiment aucun habit de femme

  • les travestis vivent dans la honte, se cachent même sur les sites de rencontre trav (on assiste à un festival comique de corps décapités !), se vivent plus ou moins consciemment coupable de quelque chose, anormaux

=> moi = je sais que vouloir être une femme est peu courant pour un mâle et socialement perçu comme anormal mais ca m’a toujours paru assez naturel d’avoir cette envie, je n’ai jamais vraiment cherché à la supprimer et je n’ai aucune honte, je ne sors pas en femme en plein jour car j’ai peur du rejet et de la violence mais je dis clairement aux gens que je connais que j’ai envie d’être une femme, je montre mes photos en femme et à l’occasion je me montre en femme.

  • Les travestis sont souvent en couple, ont une vie sociale normale en mec, sont intégrés en mecs, ils fonctionnent en mec

=> moi = je n’ai ni femme, ni enfant, ni job, ni logement, je suis comme incapable de m’assumer en homme, donc j’ai quelque chose en plus (une dysphorie ?) ou en moins (une case ?)

 

CONCLUSION :

  • soit je ne suis pas un travesti

et alors je peux envisager que je suis peut être transsexuelle

  • soit je suis un travesti très spécial

bien plus intelligent que les autres et donc plus complexe dans le rapport au travestissement.

 

 

 

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