Les 10 mots, 8 jours après J.G.

Travesti, transgenre, transsexuelle

Le jeu des 10 mots, 8 jours après que mon psychiatre, Jean Guetta, m’ait dit « vous êtes une femme ».

Transition (vers vie de femme)
Espoir (de pouvoir devenir une femme crédible et d’en finir avec la dysphorie)
Nylon (vêtement pour m’affirmer feminine et me conformer aux normes du genre femme)
Mari (envie d’une relation amoureuse en femme avec un mec fixe)
Hormones (traitement hormonal pour avoir corps feminin et j’espère un meilleur équilibre psychique)
Coming out (avec mon père)
Libération (comme la fin de quelque chose, une oppression qui a trop duré)
Evidence (que je suis une femme dedans et que je me mens depuis longtemps)
Rejet social (peur de ne pas supporter la réaction hostiles des gens)
Genre (le problème qui explique mon mal être)
Inconnu (je ne sais pas ce que je vais faire ni comment je vais finir)

Y’en a 11 mais c’est plus que 10 donc y’en au aussi 10 !

C’est le jour et la nuit avec il y a 1 mois !!!

Il y a 1 mois :

Pulsion (d’être femelle, de changer mon corps)
Anxiété (de ne pas pouvoir être femelle, de ne pas savoir qui je suis)
Suicide (car impossible d’être femme et incertitude sur le caractère réelle de l’envie d’être femme)
Pénétration (me faire pénétrer me donne l’impression que je répare quelque chose en moi)
Jouissance (jouissance d’être en femme, jouissance impossible sans m’imaginer femme)
Exploration (du genre, de mon genre, de ma sexualité)
Subversion (des normes du genre et du sexe)
Nylon (l’objet magique, qui provoque le passage d’homme à femme comme par magie)
Vérité (quand je suis en femme c’est une recherche identitaire sincère et non un déguisement pour exciter les mecs)
Bonne place (me sentir bien, comme une évidence, dans mon rôle sexuel en femme)
Upgrade (devenir moi en mieux c’est à dire moi en version femme, sans tout changer)

Et il y a 2 mois c’était encore pire car il n’y avait pas vérité, bonne place et upgrade mais quelque chose comme vide, désespoir et fluctuation !

D’où soit :

  • je suis une personne HYPER influençable
  • je suis dans une phase manique
  • le psychiatre a provoqué un déclic authentique

 

En effet, le coté subversion des normes (hommes) a totalement disparu, il laisse place à l’idée au contraire de me conformer aux normes avec le nylon (femmes) et la volonté de plaire aux gens pour éviter le rejet.

Et le moyen de me conformer est intéressant : le même objet qui était magique, assurait le passage et la subversion , le nylon, devient comme un objet pour faire comme tout le monde.

D’où on peut y voir l’acceptation que je suis femme et un changement de paradigme ?

Le sexualité est aussi édulcorée et mise au second plan : je cherche un mari et non plus la pénétration et la jouissance.

Je suspecte que cette volonté de se fondre dans le moule au lieu de contester pourrait favoriser la mise à jour un  besoin psychique refoulé (que je suspecte avoir depuis un moment) : celui d’être dominée par un homme au lit ET (peut être avant tout) dans la place qui sera la mienne dans la relation en générale.

Il n’y a plus d’exploration mais une affirmation du genre via la transition et les hormones après un coming out.

Le mal être (anxiété, suicide) a disparu pour laisser place à un espoir de bien être.

Mais apparait la peur : du rejet et de l’inconnu.

Peur qui montre que je ne fantasme plus et que je commence à me visualiser vraiment dans une vie de femme ?

 

 

 

 

 

 

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