Etre femme c’est quoi ?

Travesti, transgenre, transsexuelle

Pour moi être femme passe par 3 choses  indispensables =

1) l’identité de genre femme = se croire féminin, se sentir féminin, jouir comme une femme, fonctionner comme une femme, vouloir être une femme…

Bien sur on est tous un mélange féminin/masculin et personne n’est 100% féminin, donc disons qu’on a un genre femme quand on a plus de féminin que de masculin en soi.

Après on peut discuter comment on détermine ce qui est masculin ou féminin…

On va donc dire que c’est ce qui dans une culture donnée est associé aux femmes ou aux hommes.

C’est donc très relatif et fluctuant. Chez nous la passivité est perçue comme féminin, en Inde c’est perçu comme masculin.

C’est une case dans laquelle on se sent plus à l’aise ou dans laquelle on aimerait être si on avait le choix.

2) Le corps femelle =  le look du corps et la fonctionnalité sexuelle 

Avec une barbe, sans seins, et une bite, il est grotesque de se dire femme, n’est ce pas ? 

Et mêmes les trans qui sont  focalisés sur le genre comme seule chose qui dit si on est une femme n’osent pas se dire femme avec un tel look ! 

Après on peut discuter ce qu’est un corps femelle mais il est claire qu’avoir une bite et pas  de chatte ce n’est pas un corps femelle.

D’où le rejet en masse des femmes trans à bite par les mecs aiment les femmes. Les mecs qui aiment les femmes aiment la chatte ! Une femme sans chatte n’est plus une femme pour eux, tout comme un mec impuissant n’est plus vraiment un mec pour eux !

3) La vie sociale de femme 

C’est vivre une vie quotidienne en femme avec les avantages et inconvénients de cette vie genrée et surtout abandonner totalement les privilèges du genre homme.

Et je pense que la sexualité vécue dans la position de celui qui pénètre est un privilège du genre homme : rénoncer au pouvoir de contrôler la jouissance de l’autre en décidant ou non de bander, oui ou non d’éjaculer est indispensable pour passer dans le genre femme.

Se donner et se retrouver dans une position où l’autre nous fait quelque chose est selon moi fondamental dans le relation sociale intime qu’est la relation sexuelle.

Pour moi une personne qui veut pénétrer les autres et contrôler sa propre jouissance n’a pas une vie sexuelle de femme mais d’homme.

La vie sociale dans son ensemble va avoir un impact sur la façon de penser, par exemple les femmes se savent être des cibles sexuelles et donc ont peur de sortir seules la nuit et quand un mec leur parle la nuit elles serrent les fesses, surtout si elle sont en jupe et  talons  ! 

Un mec ne connait pas cette peur. Du coup il n’a pas la même façon de vivre la situation sortie nocturne.

Et une vie en femme ce n’est pas se croire femme mais être perçue femme par les autres.

Du coup une personne trans qui ne passe pas du tout et que tout le monde prend pour un mec fou en robe n’a pas une vie sociale de femme mais de déchet social, de marginal asexué avec qui personne ne  veut baiser à par des marginaux eux mêmes.

Le genre ne se contrôle pas, on a un genre femme ou non et c’est semble-t-il a vie.

Le corps de contrôle et on peut obtenir un corps qui s’approche du corps femelle, assez pour être à l’aise avec ce corps et ne pas mettre mal à l’aise les autres.

La vie sociale s’obtient grâce aux 2 premiers et surtout grâce au corps femelle. Mais on ne la contrôle pas vraiment car c’est le regarde l’autre qui donne le droit à la vie de femme et on peut se croire assez féminin mais ne pas l’être aux yeux des autres.

Je dirais qu’on pourrait rajouter une 4 ème condition : le passé de femme.

Un passé pendant lequel on a accumulé de l’expérience corporelle et sociale en femme, connaitre son corps et les codes sociaux de femme, se fabriquer un inconscient  et une histoire de femme…

Il est clair qu’une personne qui passe en femme et est acceptée en femme n’est pas femme le premier jour où elle est perçue dehors en femme car on lui dit madame, elle est plutôt une fille ado qui se cherche, qui découvre la vie de femme et le pouvoir que ça apporte.

Un passé de femme passe par des relations amoureuses, amicales, familles avec une étiquette femme.

CONCLUSION =

Grace à ce modèle j’ai réussi à concilier l’idée que je ne me crois pas femme mais que je suis trans =  j’ai un genre femme mais pas le reste, donc je ne mes sens pas légitime pour me dire femme en l’état actuel de ma situation corporelle et sociale.

Je dois donc travailler mentalement pour me convaincre que les 2 autres sont possibles et que je suis disposée à agir pour les obtenir.

Ca passe par lever les peurs, les craintes, les barrières qui refont dire que je ne serais jamais une femme car je suis né mâle.

C’est sur quoi je me concentre dans les thérapies en ce moment. 

En quelque sorte me convaincre que j’ai un genre femme légitime et que ce n’est pas juste un fetish sexuel, que de ce fait vivre en homme n’a aucune sens pour moi et non car je suis un malade mental qui souffre et que si je vis en femme ma vie sera plus épanouissante que ma vie actuelle.

Donc encore pas mal de séances avec Guetta et Hubert !

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