Jean Guetta, psychiatre

Travesti, transgenre, transsexuelle

Mon 2ème psychiatre, consulté sur les conseils de 2 trans rencontrés dans salle d’attente de mon psychiatre n°1.

Lui est plus soumis que Hubert, il croit aux théories de Freud et Lacan, les 2 grands génies selon lui.

Le seul truc qu’il conteste c’est que les trans sont malades.

Il dit que j’ai un genre femme. Et il ne veut pas que j’aille à Saint Anne pour une évaluation trans !

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Hervé Hubert, psychiatre, psychanalyste

Travesti, transgenre, transsexuelle

Hervé Hubert est un des pros de la santé mentale que je consulte.

Il est assez spécial (comme tous les psychanalystes) mais lui est TRES special puisqu’il :

  • est anti médoc (il n’en donne à personne)
  • pense que le DSM est un nid à conneries
  • conteste des tas de notions psychanalytiques reconnues comme parole divine pas les autres psychanalystes/psychiatres  : complexe d’Oedipe, identification aux parents, structures mentales, stades sexuels, dysphorie du genre, narcissisme…

Comme j’aime contester la pensée dominante je l’aime bien mais il y a un problème : il dit que je ne suis pas trans !

Enfin, il disait ca avant, now il dit que c’est possible que je le sois car mon discours a un peu changé.

Mais après tout qu’est ce que je m’en tape de ce qu’il pense ?!

D’autant plus qu’il pense carrément que le genre n’existe pas et que c’est une illusion et que donc on peut se dire que si le genre n’existe pas les trans n’existent pas.

Mais j’accorde de l’importance à ce qu’il pense !

Pourquoi ?!

Car je ne suis pas trans ?

Quelques articles de Hubert pour voir à quel point il est compliqué dans son approche des trans :

http://www.revue-pps.org/la-transformation-radicale-de-la-clinique-comme-produit-de-la-transmission-des-rencontres-cliniques-avec-des-personnes-transexuelles/#more-707

https://www.cairn.info/revue-cliniques-mediterraneennes-2007-2-page-255.htm

 

 

 

Etre trans = cadeau de la vie ou malediction ?

La societé étant anti trans on a spontanement tendance à penser qu’être trans est un truc terrible, quasi le pire qui puisse arriver à une personne, de telle sorte qu’aucun parent ne veut un enfant trans et que personne n’a envie de se découvrir trans.

Trans implique aussi un certain degré de rejet de soi, de son propre corps, on peut du coup se dire que de façon endogène trans implique un degré de  tension interne, une faille psychique qui rend malheureux.

Il est assez évident qu’il vaut mieux avoir à la naissance un corps conforme au genre qu’on pense avoir que de devoir une fois  adulte dépenser du temps, de l’énergie et de l’argent à le changer sans vraiment savoir ce  qu’on va obtenir à l’arrivée.

Mais comme rien n’est tout blanc ou  tout noir, le problème peut se voir sous un autre angle.

On peut se dire qu’être trans est une chance, voici pourquoi :

  1. on a la chance d’avoir une expérience de vie plus large, quasiment 2 vies, puisqu’on vit x années en homme puis x années en femme, on voit donc ce qui se passe des 2 cotés du miroir et on comprend forcement mieux les gens, la societé…
  2. on peut se sentir fier de soi, fier de ce qu’on est non pas car on l’est mais car on a agi pour changer quelque chose qui ne nous plaisait pas au lieu de subir toute sa vie en se bourrant de médocs comme le fait la plupart des gens pour des problèmes bien moins complexes à résoudre. Donc on ressort du processus de transition avec une confiance en ses propres capcités boostée.
  3. on sort  de la masse car on a une histoire spéciale qui fait qu’on n’est plus un pion interchangeable mais une reine sur l’échéquier de la vie !
  4. on a un but, une raison de vivre, un objectif qui a un sens et qui est autre que travailler pour payer des crédits, on se sent donc plus vivant
  5. on a la chance de vivre une seconde puberté, une seconde jeunesse avec l’expérience de la vie en plus, on se sent surement plus jeune et plein d’espoir alors que les non trans sont déjà blasés et ont abandonné leurs rêves depuis longtemps pour vivre une vie chiante où ils attendent la retraite
  6. on peut avoir l’air plus jeune grace aux hormones, la chirurgie, les épilations faciale, (voire le cas de Jenner à 65 ans) et donc éviter d’être un crouton fripé au gros bide à 50 ans.
  7. on fascine les autres car trans est un truc assez mystérieux dont on ne connait pas la cause et qui est très complexe à comprendre.
  8. on participe à l’histoire car on est à un moment où les trans sortent du placard et où ils changent le monde et en faisant une transition on participe à cette libération

Je vais réflechir à d’autres points positifs.

Les hormones, est ce du suicide ?

Travesti, transgenre, transsexuelle

 

Je vis avec mes parents anti trans (enfin mon père now car ma mère est morte l’année dernière) et  donc je ne peux pas me mettre en femme chez moi.

Sachant ceci, on peut se dire que mon envie de prendre des hormones pourrait être remplacée par un travestissement fréquent et que donc je devrais attendre d’avoir testé cette solution de travestissement au quotidien avant de tester les hormones car les hormones sont un trucs dangereux pour la santé et qui peuvent changer le corps de façon irreversible.

Si le travestissement chasse le mal être et permet de trouver un sens à la vie pourquoi changer le corps en effet ?!

Pourquoi prendre un marteau pour écraser une mouche ?!

Sauf que je doute que le travestissement  soit assez efficace pour 2 raisons qui touche à la notion de SENS :

  1. besoin d’affirmation : je ne me vois pas m’habiller en femme et rester planquée chez moi comme un lepreux qui a honte: j’ai besoin de me monter, de sortir, d’interagir en femme, de me sentir libre. Or si je sors avec mon corps actuel je serai pris pour un homme en robe . Et je n’ai aucune envie d’être pris pour un homme en robe. Ni d’ailleurs pour une femme à bite. Je veux être perçue comme femme normale, à la limite femme trans mais pas comme un mec déguisé ou une créature hybride. D’une part à cause de la discrimination et d’autre part car je ne m’habille pas en femme pour cacher et mentir mais pour montrer et être authentique. En femme je touche à une forme de vérité et cette vérité est vitale, je dirais que c’est elle qui donne un peu de sens à ma vie. Est ce que c’est une affirmation d’un genre femme que j’ai passé ma vie à nier en me disant que tout ca n’était qu’un jeu sexuel ? Peut être. Quelque soit la réponse, il me faut un corps femelle si je veux sortir en public en étant perçue comme femme.
  2. sexualité : je suis 100% passive au lit, il me faut donc un homme viril qui me remplit par tous les trous (y compris mon vagin imaginaire) pour que ma vie sexuelle prenne un sens. Je n’ai aucune envie de sexe en homme avec les femmes et je ne me vois pas du tout en femme avec une femme mais alors pas du tout ! J’aime la dynamique masculin/féminin, l’opposition de genre dans la sexualité et le jeu amoureux. Je trouve ca érotique et excitant. Le sexe gay ne m’attire pas du tout, ni homme/homme ni femme/femme. Je peux le faire mais il n’a aucun sens. Le sexe homme/homme n’a aucun sens car je ne me sens pas du tout gay et pas du tout homme dans la sexualité. Le sexe femme/femme ou homme/femme n’a aucun sens car j’ai un besoin visceral de recevoir en moi une bite, sans ca je ne prends pas mon pied, de plus je suis jalouse de la femme car elle est plus féminine que moi. Donc la seule sexualité possible pour moi est moi en femme avec un homme. Avec un homme qui me voit femme et qui aime les femmes puisque je veux m’affirmer femme. Or pour ca il me faut un corps femelle. Pour attirer et garder un homme aimant les femmes je dois lui offrir une chatte et des seins.

Donc dès que je serais libre de faire ce que je veux car vivant seule je compte avoir un minimum de vie sociale en femme et j’essayerai de me mettre en couple avec un homme car je sens que j’ai besoin d’un homme dans ma vie.

Or si à ce moment j’ai un corps masculin rien ne sera possible, ni la vie sociale ni la vie de couple. Au mieux je devrais raser les murs la nuit et me contenter de sexe sans relation amoureuse avec des sex addicts.

Donc le corps femelle est un outil dont je ne peux pas me passer si je veux donner un sens à ma vie sociale et sexuelle.

C’est probablement le fait de ne pas avoir cet outil qui fait que ma vie actuelle n’a aucun sens et que j’aimerais bien mourir physiquement car je ne me sens pas en vie mentalement.

Donc commencer les hormones semble non seulement une bonne idée mais ne pas le faire de suite semble une mauvaise idée car plus tôt je commence et meilleur seront les effets sur le corps. Et si ca me soulage mentalement comme je le suspecte à quoi bon repousser ce remède à la dysphorie ?

Le plan de vie est alors le suivant : transformer mon corps petit à petit pendant que je vis avec mon père et que j’ai de ce fait une sécurité financière et psychique car une fois qu’il sera mort je risque de ne pas pouvoir faire face à tous les problèmes si en plus je dois porter la dysphorie de genre qui me bouffe comme maintenant.

La dysphorie actuelle seule je peux supporter, les problèmes futurs seuls je peux peut être supporter. Mais les 2 ensemble je vais craquer car la dysphorie me bouffe toute mon énergie et donc je n’ai pas les moyens de régler d’autres problèmes en plus, problèmes qui vont arriver tôt ou tard.

D’où les hormones sont quasi un rémède urgent et au lieu de repousser je dois foncer !

Ce que j’attends des hormones

Travesti, transgenre, transsexuelle

En testant les hormones j’attends avant tout une amélioration de mon état mental grace à une humeur moins dysphorique.

J’aimerais ne plus me dire quand je vois des femmes (sexy mais parfois même pas sexy) que je voudrais être elle et que je vais me tuer car je ne le suis pas.

J’aimerais beaucoup ressentir des émotions fortes, pleurer, être moins agressive et plus dans la coopération avec les autres.

J’ai très envie aussi d’avoir des modifications suivantes :

  • ne plus avoir un odeur forte de sueur typiquement masculine
  • perdre beaucoup de muscle
  • prendre pas mal de graisse sur les jambes
  • ne plus avoir la bite qui frétille (je n’ai pas une erection mais je sens un truc agréable et je suis ambivalente par rapport à ce que je dois en faire) quand je suis en femme
  • avoir moins de poils
  • être attirée par les hommes
  • ne plus avoir une libido male (je ne suis pas sex addict mais j’aimerais pouvoir mieux évacuer la pulsion en diminuant le niveau de celle ci et en arrivant à évacuer de façon femelle

Je crois que je suis vraiment prête et que c’est le bon moment !

 

 

 

Actif ou passive ?

Travesti, transgenre, transsexuelle

Ca fait déjà depuis un bon moment que je me sens 100% passive et que je ne cherche pas à pénétrer quiconque.

Je me sens vraiment super à l’aise dans la position passive, totalement à ma place et je n’ai aucune envie de reprendre un jour le sexe actif.

Mais depuis peu je me dis que les gens dehors qui me disent monsieur pensent surement que je suis actif, que je jouis en enfoncant ma bite dans des trous de femmes.

Et ca me pose un problème qu’ils pensent que je jouis comme un homme avec des femmes.

Un double problème :

  1. je me sens comme coupable : coupable de leur mentir, coupable de cacher qui je suis, surtout avec les femmes donc j’ai tendance à dire qui je suis
  2. je me sens aussi victime : victime car ils me collent une étiquette qui ne me correspondent pas

Je trouve quasi insultante cette étiquette tellement pénétrer des gens est loin de moi et me semble grotesque, je pense de suite aux singes qui bougent comme des possédés et je me dis que je ne veux pas être comme le singe !

Bref, je suis 100% passive dans ma façon de jouir et je ne me vois pas du tout faire le mec au lit mais alors pas du tout du tout du tout !!!!

Vive le sexe 100% passif !

 

Je crois que je vais commencer une transition !

Travesti, transgenre, transsexuelle

Par transition j’entends modifier mon corps avec des hormones afin de voir ce qui se passe et comment je me sens.

Si ca me plait je continue, si je me sens mal j’arrête.

Aucun objectif précis mais un test pour essayer de chasser la dysphorie.

Donc je me sens prête pour une transition corporelle, ne plus bander, ne plus éjaculer, avoir des seins, changer mon visage…bref changer de corps ne me fait plus peur.

Ce qui me fait peur c’est la transition sociale car d’une part je ne la désire pas vraiment et d’autre part je ne suis pas sure que ma vie soit mieux en femme, enfin en femme trans c’est à dire en citoyen de dernière zone !

Ce qui me rend curieuse surtout c’est d’avoir des modifications psychiques  : des émotions plus fortes, pouvoir pleurer, être moins agressive et plus cooperative, peut être chasser cette sensation de vide et de non sens qui me suit partout et voir comment c’est de l’autre côté du miroir !

Savoir ce que ca fait un équilibre hormonal femelle, telle est mon prochain but.