Défenses anti trans

Travesti, transgenre, transexuelle

 

Je pense que je suis trans et que je cherche des excuses pour ne pas m’assumer femme, et je fais ça depuis au moins 20 ans, depuis que j’ai baisé avec une femme en trouvant ça insipide et en me disant que je lui rendais service.

Sortir avec des femmes dont je suis amoureux (ou du moins dont je me crois amoureux) en mec alors que je suis 100% passive (et accro à la virilité de ce fait), vivre avec mes parents anti LGBTQ, me dire borderline ou pervers ou malade mentale, tout ça c’est des raisons puissantes pour rester en mec, pour ne pas changer mon corps.

Et pourquoi j’ai besoin de ces raisons ? Car je sais que sans elle j’aurais comme objectif une tout autre vie : femme en couple avec un homme, assumant avec rôle social de femme au quotidien et n’ayant aucune envie de vivre en homme ou de baiser en homme, AUCUNE.

Je n’aime rien dans le fait d’être homme. Ni la sexualité ni la vie sociale. Je supporte la vie sociale car je suis intelligente et que je passe bien en mec. Mais ce rôle n’est pas moi. Je fais AS IF.

D’ailleurs si je suis sans femme, sans enfant, sans job, sans vie sociale à part aller chez le psychiatre 2 fois par semaine et faire du vélo, on peut penser que c’est très étonnant vu ma grande intelligence, la culture relative et ma capacité à parler avec des gens et à faire qu’ils s’intéressent à moi, n’est ce pas ?

Et bien je pense que cette NO LIFE en homme est un moyen de refuser l’homme et non la vie car je ne suis pas foncièrement suicidaire ou dépressive. Je suis suicidaire car je ne peux pas être femme, car la société m’en m’empêche, car je veux plus que tout un corps femelle et que j’ai un corps mâle que je vois  d’une certaine façon comme non sexué, comme non sexuel, comme neutre alors que je veux très clairement un corps sexué femelle, avec des seins, une chatte et toute la vie qui va avec.

Mais ma grande peur c’est la suivante : le rejet social qui fera suite à la transition, ou commencer une transition et ne pas trouver ma place, douter, me dire à mi chemin que j’ai ruiné ma vie en me rendant mi femme mi homme et que je ne peux pas aller plus loin car c’est trop dur ou que je ne  me  sens pas mieux qu’avant en mec.

Mais sur le fond, je pense que je suis une personne trans authentique, une forme de cerveau femme qui se traine un corps mâle qui assigne à une rôle d’homme,  incapable de vivre en homme et peut être de vivre tout court dans une société qui ne veut pas de moi.

Je pense que je vais commencer une transition un jour, quand je ne sais pas. Reste à organiser ça pour ne pas aller droit dans le mur. Mais je sais qu’un jour je vais franchir la ligne.

Comment je le sais ? Avant je me disais que si je devais mourir demain, je voudrais baiser en femme avec un homme, pour voir.

Et bien j’ai testé et ça a changé ma vie EN BIEN, le sexe avec les mecs a un vrai sens aujourd’hui, c’est indispensable à mon équilibre, quand un mec me prend ou m’embrasse, j’ai la sensation que sa soigne quelque chose en moi. Comme une pansement sur une plaie.

Now, je me dis que si je devais mourir demain ou plutôt dans 6 mois, 1 an, je commencerais de suite une hormonothérapie, car je sens que ce truc a un sens pour moi. Que c’est quelque chose qui peut changer ma vie en bien et que je dois savoir ce que ça fait avant  de mourir.

Je pense que ça aurait le même effet révélateur que le sexe avec les mecs. Et c’est une vraie peur car alors la transition sera INEVITABLE.

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