Le porno

Travesti, transgenre, transsexuelle

Pas mal de gens regardent du porno, surtout les mecs.

Quand c’est un mec qui s’habille en femme et qui se demande s’il est ou non trans, on peut se dire que s’il regarde du porno comme les autres mecs mais avec un fantasme sexuel en plus, celui d’être la femme.

S’il a surtout la sensation de vouloir être femme au moment où il regarde du porno  et pas quand il fait les courses au supermarché on peut aussi se dire que ce n’est QUE du sexuel, qu’il fantasme mais qu’il n’a pas un genre femme.

Bref, on se dit qu’on n’est pas trans mais un mec « pervers » qui a un fetish : être femme au lit.

C’est ce que j’ai pensé à propos de mon cas pendant 20 ans !

Depuis un certain temps j’ai changé d’avis : je pense que se sentir femme de façon bien plus intense en regardant du porno  qu’en faisant du vélo peut être le signe d’une identité de genre femme et non d’un fetish.

Voici pourquoi :

Imagions que j’ai un genre femme. En toute logique je veux sentir une chatte dans mon slip et un corps femelle dans mes vêtements. Avoir un corps féminin me paraitra en pensée agréable et important.

Mais je n’ai pas de corps femelle puisque je suis né mâle. Donc il y a un manque.

Je vais combler ce manque en m’imaginant femme, en planifiant une transition qui me donnera ce corps femelle.

Pour mieux imaginer ce corps, pour le sentir possible, pour calmer la frustration de ne pas l’avoir je vais logiquement chercher à le voir, à le toucher, dans le monde réel.

Donc je vais regarder les femmes dehors, je vais vouloir sortir avec des femmes et je vais vouloir voir des chattes en photo et des corps de femmes nues en photo.

Je vais en quelque sorte chercher à voir un corps femelle pour ME voir MOI en vrai.

Si je veux une chatte, il est logique de vouloir regarder des chattes faute d’en avoir une.

C’est un peu comme rêver d’une Porsche depuis 20 ans  en ayant comme projet de l’acheter un jour, quand on aura l’argent.

On va regarder online des photos de la voiture, l’essayer, s’intéresser à sa conception, à son histoire, parler à des gens qui en ont une…

Et bien quand on veut une chatte c’est pareil : on veut voir l’organe, l’utiliser, le sentir, parler avec des gens qui en ont une pour comprendre comment on l’utilise, regarder des gens l’utiliser en se disant qu’on voudrait bien être à leur place…

Le désir d’avoir une chatte est alors à son comble, tout comme le désir de Porsche quand on vient de regarder une vidéo qui explique à quel point la voiture est géniale !

Donc se dire qu’on doit absolument faire une transition quand on regarde du porno et se le dire moins quand on ne regarde pas de porno n’est pas signe qu’on n’est pas trans.

J’imagine que la personne qui veut la Porsche la veut x fois plus quand elle voit une Porsche stationnée, la voir devant soi pousse à la Porsche !

De la même façon, voir une chatte en photo est un pousse à la femme, un pousse à la transition.

Et plus on veut une chatte et plus on va vouloir en voir, pour possèder la chatte par procuration, à travers la femme qui la possède.

Donc le fait que j’aime voir des chattes et des femmes se faire baiser ne signifie pas que c’est un fantasme sexuel de mec classique mais que je chercher à voir en tant que spectateur MA VIE, celle que je ne peux pas avoir en tant qu’acteur, une vie de femme.

Cette idée de voir ma vie explique pourquoi j’ai une ambivalence avec le porno : j’aime voir la vie dont je rêve  mais ca me déprime en même temps car je vois que c’est vraiment ce corps que je veux avoir et que je n’ai aucune chance de l’avoir, donc retour pénible dans le monde réel où je suis mâle !

Et si je me branle après x minutes à regarder ce n’est pas car je veux jouir comme un mec normal qui exprime sa virilité en imaginant jouir dans cette chatte, c’est que je veux mettre fin au calvaire de vouloir avoir un corps que je n’ai pas et je sais que quand j’éjacule l’idée frustrante de vouloir une chatte diminue et je peux un peu penser à autre chose qu’au fait que je dois faire une transition !

Intellectuellement la transition me semble du suicide mais d’un point de vue de la pulsion et de l’identité elle me semble inévitable.

Donc ambivalence et peur. Peur de ruiner ma vie en changeant de sexe à cause du rejet social mais idée que si je ne change pas de sexe je n’ai pas de vie !

Choix entre le suicide social et la non vie psychique !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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