Pourquoi je pense que je suis trans

Travesti, transgenre, transsexuelle

Ce que j’appelle trans : le fait d’avoir un corps mâle normal mais de ne pas se percevoir comme homme ou ne pas vouloir être homme.

Donc corps mâle avec une sorte de fonctionnement psychique plus féminin que masculin,  fonctionnement qui pourrait se nommer GENRE FEMME.

Je vais essayer de classer selon l’importance du phénomène, sans pour autant que ca soit une progression linéaire, disons un classement en tendance, du trans au un peu trans.

 

1) Si je pouvais me changer en femelle pour toujours je le ferais sans hésiter

Et l’idée d’une vie de femme me semble séduisante malgré la vie plus dure en femme, malgré les règles, malgré le machisme, malgré le risque de grossesse…

Et je le ferais SANS ressentir le besoin de changer mon esprit.

Or si je pensais avoir un genre homme je voudrais aussi changer l’esprit car alors je serais dans une situation trans !

Donc je considère de façon inconsciente que j’ai un esprit adapté à un corps femelle.

 

2) Je fonctionne de façon auto-érotique et narcissique et 100% passive au lit

J’aime être la star, celle qui provoque le désir, j’adore recevoir (la libido de l’autre, une bite, du sperme…) et j’ai besoin qu’on me protège, ce qui est typique des femmes.

Le psychiatre dit que je fonctionne de l’extérieur vers l’intérieur, comme une femme.

Le corps mâle bloque l’évacuation de la libido de type femelle et donc la seule sexualité possible est auto-érotique.

J’étais donc puceau jusqu’à 22 ans et ne pas baiser avec les autres ne provoque aucun manque.

 

3) Je souffre de dysphorie (de genre ?)

En mec,  je ne suis pas viable, je vis comme un gamin de 12 ans, avec mes parents, incapable de travailler et d’être normal.

Tout ca à cause d’une anxieté, d’une apathie, d’une irritabilité, d’un vide, d’un désespoir assez chronique et qui fait que je me sens comme non en vie.

 

4) Identification SYSTEMATIQUE et depuis TOUJOURS aux femmes dans le porno

JAMAIS je ne m’imagine à la place du mec, toujours à la place de la femme. Je me dis qu’elle a le beau rôle, que je voudrais son corps et son rôle sexuel de pénétré.

Le mec je m’en fous, donc ce n’est pas pour baiser avec le mec, c’est pour être elle

 

5) Indentification occasionnelle aux femmes que je croise dans la rue avec à la clé une dépersonnalisation

Je me dis que je voudrais, que je devrais être elles mais que je suis victime d’un coup du sort et que je dois supporter la vie en homme et qu’à cause de ca je vais me suicider.

 

6) Je ne me vois JAMAIS avec une bite dans mes fantasmes

Je m’imagine sans bite, je suis pénétrée vaginalement ou buccalement et jamais analement et il n’y a jamais de femme (à part moi !) mais un mec, en général mon mari !

 

7) J’aime porter des vétêments dit féminins

Et je ne me sens pas déguisée mais assez moi même en jupe, talons, collants.

Un mec normal se sentirait déguisé ou mal à l’aise.

 

8) Je ne vois pas le sexe actif (avec les femmes) comme un truc attirant  mais comme une corvée

Alors que je suis attiré et amoureux de femme en mec. Donc l’attirance est une identification pus ou moins consciente et non un désir sexuel pour elles.

Avec les hommes l’idée de sexe actif ne m’a jamais traversé l’esprit, c’est comme de la science fiction, je sais que je ne trouverais aucun plaisir à faire ca.

 

9) J’ai toujours trouvé troublant/étrange qu’on me dise Monsieur

Je pensais que c’était car j’étais jeune et que Monsieur faisait vieux. Mais à 42 ans ca me semble encore strange qu’on me dise Monsieur et je ne me suis jamais définie comme ca.

Now, je le vois limite comme une agression…en homme !

 

10)  Je n’aime pas du tout être nu en mec, même pour baiser avec une meuf

En femme pour baiser avec un mec ca me dérange moins, voire pas du tout !

 

11) Le signifiant FILLE traine dans mon inconscient depuis l’enfance

Vers 13 ans à la Samaritaine avec ma mère au rayon basket je me suis dit : « ouf, heureusement que je ne suis pas une fille car sinon je n’aurais aucun choix en basket ».

Ce qu’il faut comprendre c’est « je suis fille » et supprimer le PAS car l’inconscient n’a pas de négation, le PAS est un truc rajouter par le conscient pour essayer d’annuler la pulsion « je suis une fille » qui a traversé l’inconscient.

 

12) Je ne considère pas ma bite comme une bite 

Je la vois plus comme un robinet pour pisser debut ou allongé et comme une zone érogène à stimuler pour jouir en imaginant que je suis une femme.

Jamais je ne me dis  que je tripote une bite (enfin pas la mienne, je peux imaginer que c’est la bite de mon mec !) et que la tripoter va me permettre  d’affirmer une virilité ou une puissance et encore moins  une identité.

 

13) J’aime le sexe avec les hommes

Vous me direz que je suis juste gay !

Mais  je ne me perçois pas du tout comme gay et les mecs ne m’attirent pas.

Je baise avec eux en femme car je me sens SUPER A MA PLACE dans cette situation.

Donc je dois me percevoir inconsciemment comme femme.

 

14) Je suis TRES sensible des tétons et j’aime embrasser

Et j’aime qu’on me les caresses et qu’on m’embrasse avant de me prendre.

Or c’est un truc plutôt féminin donc on dirait que j’ai une connexion érogène femelle.

 

15) Si on rentre dans les stéréotypes du genre 

Je parle beaucoup et je n’ai aucune sens de l’orientation, je ne consomme jamais d’alcool, je ne fume pas et je n’aime pas me mettre en danger ou me fatiguer en faisant du sport et je m’en fous de gagner des sous et j’aime me sentir amoureux en mec.

 

16) Ma mère voulait une fille 

Et j’ai été élevée avec l’idée que j’étais fragile et que je devais être protégée, avec com structure de famille une mère possessive et puissante et un père effacé.

Et il était essentiel d’être le plus beau, de plaire, de s’affirmer par l’apparence selon ma mère.

 

17) Je raconte partout que je suis probablement dans le spectre trans

Sans honte, sans culpabilité, avec l’idée d’expliquer qui je suis et comment je fonctionne.

Donc me dire trans me fait du bien.

Et j’ai abandonné mon compte FB de mec depuis que j’ai crée un compte trans.

 

18) Quand un psychiatre dit que je ne suis pas trans ca me déprime

Alors que quand il dit que je suis trans ca me fait du bien, je me sens comprise !

 

19) Je vois la transition comme un suicide social car la société est anti trans 

Donc il est assez logique que je me dise souvent non trans car j’ai peur de ruiner ma vie, je lutte pour me trouver le moins trans possible pour éviter cette mort sociale.

 

20) Je refuse de dire qu’une personne MtF est femme (en disant elle) alors que ça ne me dérange pas de dire qu’une personne FtM est mec (en disant il)

Donc très clairement je me défends contre l’idée qu’un jour je pourrais être femme, comme si si c’était possible je ne pourrais pas résister à essayer de le devenir.

Une personne non concernée sera anti changement de sexe et donc refusera le genre voulu par la personne trans ou alors sera pro changement de sexe et dira ce que la personne trans veut entendre pour les 2 GENRES !

Mais elle ne fera pas une différence entre homme et femme trans.

 

21) Je ne vois pas la transition comme un truc impossible en soi

Je ne me dis pas que je ne peux pas faire ça car j’aime être mec et que je perdrais une part importante de moi en femme.

Je me dis que je ne peux pas, ne dois pas faire ça,  car la société est anti trans.

Ce n’est pas l’idée que je suis homme qui me garde en homme, c’est la peur d’une vie trans faite de rejets et stigma.

Mais je garde l’idée qu’un jour je me sentirais prête à me changer en femme par les hormones et la chirurgie

 

22) Je n’ai aucune envie d’être queer, 3 eme genre, un hybride esthétique ou biologique, une personne qui joue avec le genre pour le critiquer 

Je veux être femme femelle et féminine. Et faute de pouvoir l’être je reste un mec mâle  relativement viril. Je n’ai pas envie d’être sans poils en mec par exemple. Mais en femme je ne me vois pas du tout butch mais femme banale.

 

23) Je ne vois pas la féminisation comme avilissante

La plupart des mecs méprisent la féminité, ne veulent surtout pas apparaitre comme féminins.

Les travestis jouent de ce mépris en voulant devenir femme pour se punir, pour s’avilir, pour se diminuer, se rabaisser, dans une logique masochiste (de sadique honteux donc !).

En mec je ne cherche pas à être féminin  car je sais que socialement c’est perçu comme non sexy et donc il y a une perte de pouvoir.

Quand je suis en femme avec l’idée d’incarner le féminin je ne me sens pas rabaissée, pas dévaluée, au contraire je me sens puissante et maitresse de ma vie !

Donc je ne m’habille jamais en femme dans une optique masochiste e punition mais de réparation d’un mal être et d’évacuation d’une pulsion féminine.

En femme je me recompense, je ne me punis pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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