Pourquoi je pense au suicide ?

Travesti, transgenre, transsexuelle

Je ne pense pas au suicide car je n’aime pas ma vie, ma vie me convient. J’entends ma non vie en fait car en étant mâle je ne peux pas faire plus rationnel com choix de vie car une vie d’homme ne me motive pas du tout.

Je pense au suicide car je ne suis pas une femelle, que techniquement il est impossible que je le sois et que trans me semble trop compliqué pour que je me lance avant encore 10 ans de reflexion  !

Je n’ai aucune envie de ne plus vouloir être femme, aucune envie d’être un mec normal heureux d’être un mec.

Pourtant je devrais souhaiter être un homme normal car plus facile et plus simple que trans.

Mais j’aurais la sensation d’être une autre personne et donc de mourir psychiquement et le moi ne peut pas permettre sa propre mort !

Je pense que si j’étais un travesti qui fantasme je voudrais si c’était possible perdre cette envie d’être femme car le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle gâche toute ma vie !

 

 

 

Etre femme ou mourir ?

Travesti, transgenre, transsexuelle

Je me dis souvent que je ferais n’importe quoi pour être femelle dans une vie banale de femme.

Bon, c’est facile à dire puisque c’est pas possible…

Mais je peux quand même me rapprocher de femelle en faisant une transition puisque le médecine permet de féminiser un mâle de façon assez poussée et que la société permet de changer de genre légal.

Donc pourquoi je reste un mâle dans une non vie vie d’ado ?

Je dirais que la cause principale est la peur.

J’ai peur de ne pas supporter une vie trans, peur de me dire que je me suis trompée.

Et ce n’est plus tant le doute personnel sur le genre (l’idée réaliser que je n’ai pas un genre femme après avoir terminé une transition) qui me bloque mais le doute sur ma capacité à avoir un passing suffisamment bon pour être traitée comme un femme banale.

Ma grande peur : ne pas réussir à avoir un bon passing, en subir les conséquences sociales et être incapables de les supporter.

Ce n’est pas le passing en soi le problème (j’accepte d’être trans faute d’être femelle donc je supporte de voir des trucs masculins en moi) mais la réaction des autres qui vont me faire chier si je fais trans.

Or je n’ai pas non plus envie de faire des efforts monstrueux pour ne pas faire trans juste pour les autres !

Par exemple la voix ne me dérange pas mais je sais que  si je la garde telle qu’elle est je n’ai aucune chance d’être perçue comme étant femme.

Donc je serais obligée de changer ma voix, ma façon de parler, de bouger, de rire…sans aucune garantie de résultat positif avec les autres ni même l’assurance que je ne vais pas me sentir totalement fake !

Je dirais que si je savais d’avance que la vie en femme se passera bien je commencerais une transition…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je vis en homme donc je ne suis pas trans ?

Travesti, transgenre, transsexuelle

Je me suis longtemps dit que je n’étais pas trans car je ne détestais ma vie en homme et que je pensais que pour être trans il fallait détester la vie en homme.

En écoutant des trans j’ai compris que tous les trans ne détestent pas être hommes, certains pensent simplement que la vie en femme leur correspond mieux, d’autres commencent les hormones pour explorer jusqu’où ils sont trans car ils sentent simplement que quelque chose cloche en homme et ne reviennent plus jamais en hommes car ils se sentent apaisées en femme.

Donc nul besoin de détester la vie en homme pour être trans.

En analysant ce que j’appelle « ma vie en homme » je me dis que mon argument doublement pas la route.

En effet, je ne vis pas comme un homme, je vis comme un ado ou une personne sans vie :

 

  • je ne travaille pas depuis 14 ans
  • je vais avec mes parents depuis toujours
  • je ne baise plus en homme depuis environ 3 ans
  • en 5 ans j’ai du baiser 5 fois en homme (et c’était NAZE car peu envie et car meuf coincée)
  • je n’ai pas eu de vraie relation amoureuse depuis 7 ans
  • ma vie sociale  hors internet se limite à aller chez 2 psychiatres, à faire une rando vélo collective de temps en temps (rando où je dis aux gens que je voudrais changer de sexe !) et à faire des courses !

Le reste du temps je suis en pyjama, online, à fantasmer que je suis une femme avec mon compte FB où j’ai indiqué un genre trans ou à ruminer pour savoir si je suis trans ou non !

Le pire : j’aime ma vie et je ne me vois pas du tout avoir une vie normale de mec !

Mais dire que j’aime ma vie…d’homme…est un peu exagéré.

J’aime ma non vie, ma vie d’ado sans obligation car comparé à ce que le société me propose à savoir une vie de mec ma situation actuelle semble mieux.

Je crois même que j’ai fait le meilleur choix de vie possible à ce jour. C’est dire que je dois penser que la vie de mec est naze !

Je pense que je suis dans une non vie car j’ai un genre psychique femme et que la seule option de vie était une vie de mec.

Vivre en mec alors qu’on fonctionne en mode féminin implique une tension psychique et des gros efforts pour être viable en mec et à long terme ce n’est pas viable.

Je me suis donc protégé de cette tension en vivant en non mec, en ado, en enfant, car c’est quelque part moins éloigné de femme, en quelque sorte  je n’ai pas commencé la puberté (d’ailleurs je n’ai jamais eu de crise d’adolescence).

Donc je ne vis pas vraiment en homme et je crois que je préfère mourir que de vivre une vie normale de mec qui travaille, vit avec une femme, se reproduit…

D’ailleurs je n’ai pas l’impression que je vais vieillir, je me sens éternel, comme si j’allais rester toujours avec le même âge, je ne m’imagine pas du tout en mec de 55 ans et je trouve l’idée anxiogène !

Par contre je m’imagine depuis peu en femme de 55 ans, cette situation me semble  même enviable.

Donc puis je dire que je vis en mec ?!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelles preuves que je fonctionne mentalement en mode femme ?

Travesti, transgenre, transsexuelle

Pourquoi je suis trans (suite) ?

1) Age

Je ne me projette pas vieux en mec, je me dis que je serais toujours pareil ou mort

Il m’arrive de regarder des femmes de 50 ou 60 et de me dire que je voudrais être comme elles un jour, voire même de suite.

Donc il y a une sorte de projection temporelle visuelle de moi dans 15 ans en femme, chose que je n’ai pas en mec.

J’avais lu une personne trans dire que si on se voyait pas vieillir en homme mais en femme alors on est trans. 

J’avais trouvé ça étrange car moi je n’ai pas envie de veillir, dans aucun genre, être vieux c’est affreux.

Mais je visualisais des gens de 80 ans quand je pensais à vieux ! Femme de 50, 60 ans, bien maquillée, en jupe, collants… ça me semble désirable, je me vois bien comme ça un jour.

Mec de cet âge ça ne semble horrible comme situation d’un point de vue narcissique, chauve, gros…

2) Seins

Avant je n’aimais pas les gros seins, je trouvais ça moche. J’aimais les petits.

Now, j’aime bien les seins qui pendouillent, qui font plats mais de bonne taille, ceux qui font corps femelle. 

Je crois que c’était encore une fois car les gros c’est trop éloignés de moi et ça fait trop féminin donc  je me sentais envieux/jaloux peut être !

Enfin, toucher des seins ne m’a jamais vraiment inspiré…et je me dis que ca ne sert à rien  d’avoir 2 glandes qui tombent  mais je me vois bien avoir des seins mous et gros si je me change en femme car les mecs aiment toucher et j’aime qu’on me caresse les tétons…

Voir un mec torse nu je trouve ça moche, il manque les seins et ça me dégoute un corps sans seins. Et je crois que le dégout est le dégoût de mon propre corps sans seins, c’est moi que je vois et je déteste ce que je vois ! Je ne veux pas être ça donc je trouve ça moche.

 3) Chauve

Je me suis toujours dit que si j’étais chauve je me suiciderais. Je me le dis encore (moins qu’avant cependant !). En fait être chauve me semble impossible à supporter  au niveau amour de moi même !

Pourtant, quand je vois des mecs chauves je ne trouve pas ça moche et quand des mecs parlent de prendre des médocs, de se mettre des lotions, de faire des implants, qu’ils montrent des photos avant/après avec 3 poils de plus en criant victioire… je me dis qu’ils font des histoires avec pas grande chose car ya pire qu’être chauve…pour un mec !

Et c’est la que je comprends que je ne me vois pas comme un mec car sinon être chauve ne serait pas plus grave sur moi que sur les mecs. 

Mon regard sur les gens dits « transsexuelles » a changé

Travesti, transgenre, transsexuelle

Pendant longtemps le mot transsexuelle me faisait peur, pour moi c’était des illuminés qui vivent des vies de merdes entre bois de Boulogne et les hôpitaux psychiatriques, totalement en marge, sur le fil, toujours proche du suicide à cause d’un trouble psychotique ou borderline. Des délirants se prenant pour des femmes.

Puis j’ai étudié la question, lu des témoignages, parlé avec des trans, réfléchi, compris leur logique (que je ne partage pas à 100%) et j’en suis arrivé à la conclusion que les trans sont relativement normaux, en tout cas pas vraiment plus dingues que les autres, que pas mal ont des vies assez normales qui ne laissent pas trahir un trouble mental lourd.

Du coup l’idée d’être moi même transsexuelle ne me dérange plus.

Mais je connais le mot et sa connotation psychiatrique et donc je ne me dis pas transsexuelle mais dans le spectre trans.

De plus j’ai un mal avec ce mot car il est aussi associé à la notion de transsexuelle primaire ou secondaire.

Or a priori je serais secondaire et je sais que secondaire a longtemps signifié « faux trans » ou « pas assez trans » pour les médecins.

Je ne crois plus trop à cette histoire de vraie ou faux trans et mes 2 psychatres non plus.

J’ai tendance à penser que tous les gens qui imaginent sérieusement un jour possible de changer de sexe ou  vivre une autre vie genrée sont trans.

Tous ne vont pas se changer mais tous ont cette flamme trans en eux, ce pousse au trans que 99,5% des gens na pas.

Je pense qu’on est tous dans le même bateau en détresse mais que certains on un bateau qui coulent moins vite car ils ont pu le colmater ou car ils sont dans une eau plus calme.

En clair j’ai pu rester 43 ans en hommes sans jamais me dire fille (enfant) ni femme (adulte) car j’ai développé une sorte d’armure (un rôle d’homme), armure confortable car elle me protège (j’ai l’air normal pour les gens  dehors donc je peux sortir librement et j’ai pu pendant longtemps me voir assez homme pour ne pas me dire trans) mais qui est en carton (je ne me sens pas homme et j’ai envie plus que tout d’être femme donc je ne parviens pas à avoir une vie d’homme normal et je ne veux pas en avoir une). L’avantage du carton c’est que c’est léger donc je ne déploie pas trop d’énergie à la porter (j’ai une dysphorie légère et j’ai même pu garder tout ca inconscient pendant l’enfance).

Mais le carton ne tient pas face à la pluie (la puberté, où la pulsion sexuelle apparait de façon consciente, impliquant d’autres gens que soi même). Alors la supercherie est plus visible et je dois m’habiller en femme et me goder.

Avec le temps, la supercherie  devint flagrante : les coups reçus par l’extérieur (les femmes avec qui j’ai baisé, les hommes avec qui j’ai baisé) mettent en lumière l’illusion et tout se déchire, je ne peux plus sortir avec une femme avec laquelle je fais semblant d’être un homme qui aime les femmes et je m’imagine de façon consciente et sans honte en couple en femme avec un homme.

Je suis dans une phase où j’essaye d’enlever l’armure (parvenir à me dire femme et non juste transgenre ou trans)  via la thérapie avec comme optique la possibilité d’enfiler une robe à la place de l’armure (réasignation hormono-chirurgicale et full time).

Je suis donc en formation pour ne plus jouer au chevalier et pour faire un truc de fille à la place !!

Ca ne devrait pas mettre 10 ans de plus car je sais déjà que j’aime me faire monter (femme et 100% passive dans la sexualité) et que je suis incapable de monter quiconque de façon agréable satisfaisante (à mon avis ni pour moi ni pour la personne que je monte).

Donc je me vois avec une étiquette transsexuelle un jour, ca ne me fait plus autant peur.

Ya encore de la peur mais pas du mot, peur de la vie qui va avec : vie faite de rejet et de stigma social.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Transsexualisation progressive

Trav, trans, transgenre

Je continue comme avant à avoir des fluctuation dans la pulsion (ce qui pousse à me dire que je voudrais être femme) trans mais il y a un changement :

Avant une fois la pulsion partie grace au godage/travestissement je pensais à autre chose.

Now, le godage ne marche plus, la travestissement n’implique pas forcement branlette et la pulsion peut partir sans sexe mais quand elle semble moins forte (avec ou sans sexe) elle reste quand même présente. Donc elle baisse mais ne disparait plus.

Now quand la pulsion est forte je me dis : je suis transsexuelle, aucun doute, faut que je m’assume femme dans le corps (opérations) et les actes sociaux (transition) et que je que je me trouve un mec, c’est inévitable, c’est comme ca que je dois vivre, que je le veuille ou pas c’est mon chemin car j’ai un genre femme  !

Now quand pulsion basse je me dis : je suis probablement transgenre, plus femme qu’homme au niveau du genre, il est possible que je change de sexe  un jour mais ca parait tellement compliqué qu’il vaut mieux rester mec socialement et être femme en interim !

Donc je ne passe plus de trans à trav qui fantasme dans sa chambre et qui sait que transition impossible mais de transsexuelle dysphorique du genre qui doit foncer vers la vie de femme à transgenre qui a trop peur pour agir mais qui pense qu’une vie en femme serait mieux que ma vie actuel d’un point de vue intra-psychique.

Je suis donc dans un processus de transsexualisation progressive qui est connue par les psychiatres.

Mes émotions par rapports à tout ca : 

– ca fait peur car je me demande comment ca va finir tout ca, j’ai autant peur de me retrouver hormonées avec des gros seins sans y être prête que de retourner vers une logique trav et donc de faire choux blanc !

– ca fait du bien car je sens que je vais dans le bon sens, transition ou pas c’est finalement un détail, je suis trans et non un trav qui fantasme en collants et le dire c’est déjà une sacré avancée dans mon questionnement

– je sens une sincérité dans tout ca, je ne cherche pas à me convaincre à tout prix que je suis trans puisque je sais que c’est une situation horrible à vivre et non un truc super mais le fait est que je ne me vois plus du tout homme et que je me sens de plus en plus capable de vivre une vie de femme (non trans !) et donc je me sens trans

– j’aime le fait que cette prise de conscience trans soit progressive, que le processus soit lent et réfléchi et que personne ne me brusque (ya des psychiatres qui peuvent pousser à sortir en femme en disant que pour être trans il faut forcement venir en femme), j’aime le fait de ne pas avoir commencé les hormones avec l’idée que je dois le faire car trans ou que je dois le faire rapidement car 43 ans, j’ai besoin d’aller lentement mais surement, je ne ferai rien si je doute non stop et je doute de moins en moins donc possible que j’arrive à un moment à agir !

– j’aimerais aussi que ca aille plus vite, j’aimerais être 100% sure que je suis femme, pouvoir aller chez un psychiatre et dire « je suis une femme, aidiez moi »  mais ce n’est pas le cas !

– je me sens un peu délivrée du coté sexuel de la chose, comme si j’avais pris des hormones pour me castrer car plus envie de me goder et je ne trouve pas ca naze d’être femme en société online à la place de femme dans la sexualité

Mon psychiatre n°1 a fait une transition !

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http://www.acthe.fr/documentation/211-la-place-du-psychiatre-dans-le-parcours-trans-herve-hubert.html