J’ai vu une psychologue à pôle emploi

Travesti, transgenre, transsexuelle

J’ai vu le psychologue de pole emploi et je raconte ci dessous ce qui c’est passé à mon conseiller pole emploi qui m’a envoyé vers elle !!!

Ce qui m’impressionne c’est que j’ai l’air de vraiment croire à ce que je raconte, à savoir que je suis trans !!!!!

Il y a x années je n’aurais jamais osé raconter ca à pole emploi et ya encore 1 an j’aurais dit que je me demande si je suis trans…

Donc soit j’ai bien intégré les cours de théatre que j’ai suivi, soit je suis plus trans qu’avant, soit je me dis que la société est plus open à force de ne lire des trucs sur les trans partout online et que donc je peux parler.

Quand j’ai vu un psychologue via l’assistante sociale ya 10 ans, j’ai mis x semaines à lui parler de ce que je croyais être un travestissement à l’époque !

Je pensais que si je disais que j’aimais m’habiller en femme pour baiser je serais fiché en tant que délinquant sexuel à la mairie car elle allait le dire à l’assistante sociale qui allait le dire à la mairie qui allait le dire à mes parents…et que j’allais finir interné ou avec une etiquette PERVERS dans toute la ville  ! 

Donc j’avais l’idée que dire mon problème à un psychologue allait m’apporter des emmerdes.

Now, je m’en fous. Je sais que je veux être une femme et que les emmerdes seront bien plus grande qu’avec pole emploi et je suis prêt à y faire face comme un HOMME ! 

Et non seulement je parle mais je suis revendicatif, je critique le psychologue qui me dit monsieur…

Mon texte :

Bonjour,

Je viens de passer 2h avec la psychologue hier.

J’ai un sentiment mitigé sur ce rdv mais ce dont je suis certain c’est que cette personne ne pige rien à la dynamique psychique trans et qu’elle n’a pas pris la peine de lire sur le sujet avant de me rencontrer.

Grace à cet entretien j’ai compris quelque chose que je suspectais à savoir que les non trans ne comprennent pas la souffrance lié au genre. Pour eux le genre est naturel, automatique et ils n’y pensent même pas. Et donc ils ne soient pas pourquoi une personne trans se formalise sur ce détail. Moi même je ne comprends pas toujours pourquoi une personne trans fait une depression si une personne lui dit monsieur car je suis plus assez fluid au niveau du genre (d’où je ne parle pas de moi au féminin même si je pense que je ne suis pas un homme).

Je caricature un peu mais on dirait que pour votre psychologue  « ya qu’à » envoyer des C.V. à des annonces pour des jobs de merde (elle me propose de travailler dans un bar !) où je risque des me ruiner la santé mentale et physique et tous mes problèmes peuvent alors comme par miracle se régler !!!!

Ca me rappelle mon médecin traitant qui m’a dit que je n’avais qu’à penser à autre chose, qu’à avoir des loisirs…

Bon, heureusement que j’ai un rdv avec mon psychiatre n°2 à 22h, ca m’a aidé à me remettre du choc de me sentir totalement incompris par une psychologue qui me dit qu’elle comprend ma souffrance mais que le mieux serait quand même que je travaille en tant que monsieur…

Voici le résumé de notre échange :

1) Elle me dit que la discrimination anti trans n’existe pas vraiment car les gens ne s’intéressent pas à la question trans, ils ne pensent pas à ce sujet, ils ne savent même pas que ca existe et DONC la transphobie ne peut pas exister…

Si en effet  les gens n’y pensent pas ce n’est pas signe qu’ils acceptent une personne trans en tant qu’humain valide ayant les mêmes droits que les non trans mais signe que pour eux les trans n’existent pas. 

La possibilité même qu’eux même ou un proche puisse changer de sexe ou de genre social est du domaine de la science fiction. Pour eux ce « choix » de vie est hors du domaine de définition pour parler en terme mathématiques.

C’est donc une situation encore pire que la discrimination, c’est la non possibilité d’exister en tant qu’humain valide.

En clair, si on rapporte cette situation à votre domaine : si je me présente demain en femme à un entretien en France je n’ai aucune chance d’être recruté, quelque soit mon C.V. et mes compétences.

D’ailleurs elle l’a confirmé en disant qu’avec «  mon aspect actuel »  en effet je ne pouvais pas travailler en femme mais que si je me changeais ca serait possible…validant donc la transphobie, à savoir la non possibilité de travailler si on a un aspect trans. 

Pour travailler il faut avoir un aspect non trans. Pour travailler il faut se cacher sous un masque cisgenre (CIS = terme inverse de TRANS). 

Ce qui en soit est une preuve de discrimination anti trans. N’est ce pas ?

Vous me direz que je ne me vis pas en femme donc le problème de discrimination ne se pose pas…

2) Elle me dit qu’il y a des trans qui travaillent et que DONC je pourrais travailler

Dans la même logique j’aurais pu lui dire ya des psychologues qui inventent des théories qu’on enseigne à la fac de psycho…

Oui, des trans travaillent mais chaque personne est différente et n’a pas le même vécu et la même situation. 

Il y a pas mal de trans qui travaillent en homme (souvent dans des jobs de machos, soldat, flic, pompier, sportif..) précisément dans l’optique de se GUERIR.

Ils espèrent tuer cette pulsion trans en ayant une vie normale de mec hyper adapté, avec femmes, enfant, job viril…et ceux qui sont dans des jobs dangereux espèrent se faire tuer tout court.

Donc ces gens ont une motivation hors norme : perdre cette envie d’être femme via le travail et ils sont souvent TRES efficaces au travail puisque investis à 100% dans un job masculin pour FUIR la pulsion trans. 

Le cas typique est Bruce Jenner, champion Olympique de décathlon (LE sport viril, celui que les femmes ne pratiquent pas) qui s’est entrainé x années comme un fou pour penser à autre chose que « devenir femme ». 

Le résultat : il a divorcé 3 fois, a 5 enfants et s’est changé en femme à 65 ans.

Il y a aussi ceux qui acceptent qu’ils sont trans (parfois après 20 ans à lutter), qui veulent faire une transition (passer d’une vie d’homme à une vie de femme) et qui de ce fait travaillent à fond pour réunir l’argent nécessaire ou avoir un poste car ils savent que la société dans laquelle ils postulent a une politique trans inclusive à savoir qu’ils pourront rester à leur poste une fois en femme.

GOOGLE et tous les géants de la silicone Valley ont des politiques PRO trans puisqu’ils payent les chirurgies qui peuvent aller jusqu’à 80ke aux USA car ils pensent que les trans sont très créatifs et donc utiles dans une entreprise.

Moi, je ne suis ni dans l’idée de perdre cette envie d’être femme ni dans celle de « transition now ou la mort ».

Je résiste assez bien en homme mais avec un coût, celui de n’avoir ni de vie professionnelle, ni de vie amoureuse, ni de vie sexuelle, ni de vie tout court puisque je passe mon temps en pyjama sur internet à fantasmer que je peux me changer en femme ou à lutter contre l’idée.

Je suis en ce moment dans une phase d’exploration, de reflexion, dans un processus de maturation trans et je pense qu’à terme il est fort possible que je me change en femme.

Mais je veux me changer en femme pour améliorer ma vie et NON pour la ruiner. 

Or dans une société anti trans et sexiste où les femmes gagnent moins et sont victimes de harcèlement sexuel c’est compliqué de se dire qu’en me changeant en femme trans je vais améliorer ma vie…

Je ne sais pas si je pourrais travailler en femme mais je sais qu’actuellement, en homme, je ne peux pas travailler de façon efficace et durable.

Depuis que ma mère est morte (il y a 18 mois), c’est tout juste si j’arrive à me laver une fois par mois, ca donne une idée de l’énergie que je peux avoir !

3) Elle me dit que je suis dysphorique mais que d’autres gens dysphoriques travaillent, que des bipolaires qui sont parfois dysphoriques travaillent…

Oui, certains travaillent, mais la majorité des bipolaires ne travaille pas et ceux qui travaillent se remplissent de médocs toxiques ou de coke et finissent diabétiques, obèses, et ont fait x passages en hôpital psychiatrique avant d’être stabilisés ou sont fonctionnaires (donc peuvent être en arrêt maladie 6 mois dans l’année). Je connais au moins 10 personnes classées bipolaires donc je me bases sur des observations. Ou alors ils sont dans des jobs artistiques où la bipolarité est un atout car elle apporte une créativité (pas mal d’écrivains sont bipolaires).

Mais surtout la dysphorie bipolaire est différente de la dysphorie de genre dans le sens où sur moi les médocs n’auront donc aucun effet positif, du moins selon les 3 psychiatres que j’ai vu depuis 7 ans, car le mal être vient d’un problème de genre, identification. 

J’ai une dysphorie de genre, un trouble de l’humeur lié au genre/sexe. Les médocs ne changent rien à ce mal être. C’est connu et reconnu par la médecine. Enfin si, je peux le faire disparaitre si je prends des neuroleptiques en masse mais alors toute pensée/envie/pulsion aura disparue, je serais allongé à fixer le plafond et incapable de comprendre que j’ai un rdv pôle emploi !

Le seul traitement reconnu à ce jour c’est la thérapie pour gérer la dysphorie moderée (ce que je fais depuis 10 ans) ou la transition hormone-chirurgicale vers une vie de femme (sans aucune garantie que la dysphonie disparaisse totalement !) contre une dysphorie forte.

Pour illustrer le coté à la fois simple et complexe de ma situation: la psychologue portait des chaussures « sexy »  avec des collants et un pantalon moulant, je me suis dis que je voudrais être à sa place et évidement cette pensée a provoqué une certaine tension psychique.  

Je peux penser à cette vision pendant x jours en me disant que ma vie n’a pas de sens car je ne peux pas jouir comme elle en portant des trucs sexy au travail ET que donc je vais me tuer suite à cette entretien !

Donc si je devais travailler tous les jours avec des femmes portant des trucs «sexy » (par sexy j’entends des trucs assez communs, pas des trucs à la fashion week, puisque portés par des employées à pôle emploi !)  je serais sous pression non stop, ca serait pour moi une torture mentale ! Comme si un diabétique était pâtissier ou un impuissant à micro pénis caméraman sur des films x. Donc sauf à travailler avec des femmes en burqa, travailler me stresserais bien plus qu’un bipolaire à cause des femmes.

4) Elle me dit que si je concentre mon énergie sur autre chose, le travail par exemple, je peux aller mieux

Selon elle, je peux non seulement aller mieux en travaillant mais même résoudre mon problème de genre car finalement pour elle ce n’est même pas certain que je sois trans, après tout je me cherche…selon elle je me suis enfermé dans mon monde et en sortir pour travailler pourrait tout régler et au moins je me sentirais utile.

Bon, depuis le «  arbeit macht frei »  j’ai pigé que ceux qui poussent les autres au travail pour leur bien leur veulent rarement du bien…

Je lui réponds que je n’ai aucun besoin de me sentir utile, en tout cas pas au sens où elle l’entend, à savoir en faisant un job alimentaire qui ne m’intéresse pas et où je devrais en plus me nier en supportant des gens qui sont anti LGBTQ et en entendant des gens me dire non stop monsieur sans pouvoir expliquer en quoi je ne suis pas un monsieur…

La tactique de diversion qui consiste à travailler pour s’occuper en espérant qu’on va oublier qu’on va mal ne marche pas pour les trans.

Elle peut marcher dans le sens où le stress lié au travail risque plutôt de provoquer une décompensation psychique et un passage à l’acte suicidaire ou un changement brutal en femme car je ne pourrais pas gérer le stress lié au genre + le stress lié au travail.

Mais bon, en femme, en homme, en mi homme mi femme, même en supposant que je ne suis pas trans et que la transphobie n’existe pas, il y a le fait que j’ai un trou de 14 ANS sur le C.V. 

Et que pour trouver un job salarié dans le privé c’est comme dire qu’on vient de faire 14 ans de prison pour viol et meurtre de mon dernier employeur  ! 

Bien sûr, si je cherche un job à tout prix, que je mens, que je m’invente une activité, je peux finir par trouver un job qui consiste à torcher des vieux ou ramasser des feuilles mortes pour 10€ de l’heure en interim à 1h30 de chez moi pendant quelques heures par ci par là…mais bon, je considère qu’un tel job ne m’apportera rien.

D’ailleurs aucun petit chef ou recruteur en intérim avec un bac+2 ne voudra embaucher un bac+5 pour lui filer un job non qualifié au smic car il se sentira en insécurité mentale face à cette personne et car il sait que ce bac+5 risque fort de se casser dès qu’il aura la force de chercher autre chose. Et il sait aussi que cette personne aura du mal à se socialiser avec les beaufs et qu’il va avoir tendance à contester les ordres car il aura un esprit critique.

Last but not least, je ne peux pas faire un job physique car :

– j’ai une insuffisance veineuse (avec les pieds plats !) depuis plus de 20 ans, donc marcher ou rester debout plus de 2h est très pénible pour moi, j’ai été dispensé de course à pied à l’armée à cause de ca 

– j’ai aussi une hernie discale depuis 2 ans, hernie qui se reveille parfois quand je fais des courses et que je manipule un sac lourd et alors je ne peux plus marcher, je dois m’allonger et prendre des anti inflammatoires pendant 2 jours

– j’ai une polyarthrite rhumatoïde (maladie auto-immune où le corps attaque ses propres éléments dont les cartilages ou les yeux) par chance légère, depuis 4 ans, et parfois je ne peux même pas ouvrir une bouteille sans avoir mal aux os de la main (et quand on a mal il ne faut surtout pas forcer car ca ruine les cartilages enflammés)

Donc physiquement je suis pour le moins fragile, d’où on peut exclure d’office un job qui n’est pas un job de bureau sédentaire.

Or le seul type de job légal accessible de suite à une personne qui n’a pas travaillé depuis 14 ans est un job non qualifié et donc très souvent physique. Donc problème.

D’ailleurs même si physiquement je pouvais le faire, mentalement je ne pourrais pas tenir plus que quelques jours à cause de l’ennui (BORE OUT qui ferait que je saloperais le travail car pas motivé)  et des tensions qu’il y aurait avec les autres qui ne seront pas intellectuels et risquent fort d’être en prime anti LGBTQ dans leur propos, ce qui va m’agacer et fera que je ne pourrais pas du tout m’intégrer dans une équipe avec des homophobes incultes dont le but dans la vie est de se reproduire et d’acheter une voiture et de supporter le PSG. Concrètement, dans un job non qualifié je risque fort de me mettre tout le monde à dos après 1 semaine !

Pour être pragmatique, si je dois retravailler un jour, je ne vois pas 286 possibilités. Voici les possibilités que je vois :

– monter un business

– mentir sur le C.V. pour m’inventer une activité à l’étranger pendant 14 ans et intégrer une banque dans un job de cadre junior 

– pute (en femme)

– un job intellectuel ou artistique 

Pour monter un business il faut beaucoup d’énergie et il faut pouvoir se concentrer, et ca je ne peux pas le faire en ce moment. De plus l’activité économique n’est pas très dynamique en ce moment, trouver des clients ne sera pas simple. Donc pas une solution à court terme. Je risque même de gâcher une bonne idée en le mettant en pratique au mauvais moment.

Pute c’est compliqué car le gouvernement est anti pute (lois contre le client) et il faudrait pour ca que je me féminise radicalement  (ce qui ne se fait pas en 3 jours et demande d’investir des sous ou d’attendre x années…). De plus je ne sais pas si au delà de l’euphorie liée au fait d’être reconnue comme femme (car des hommes qui aiment les femmes payent pour me sauter !) je pourrais me forcer à baiser quand je n’ai pas envie de baiser. Donc pas vraiment une solution. D’ailleurs je crois qu’il n’y a pas ce type de job à pôle emploi. Mais vous pourriez avoir des jobs d’actrice porno ?! Enfin, je suis surement trop vieille pour une carrière dans le porno…et pute c’est dangereux aussi. Et puis je pense que je vais m’ennuyer rapidement car c’est assez répétitif. 

Mentir sur le C.V. est compliqué car je n’aime pas mentir et mentir pour faire quoi sachant que je ne sais rien faire de précis ?! Evidement dans une banque il faudra que je me coupe les cheveux et je ne veux pas me couper les cheveux car avoir les cheveux longs est pour moi un moyen d’exprimer quelque chose de féminin (suivre une norme sociale de femme, avec moins de risque pour ma sécurité que si je me baladait habillé en femme) et cette expression diminue la tension interne. En gros avoir les cheveux longs fait que j’ai moins envie de me suicider !

Reste le job intellectuel. Mais faut que le sujet me plaise et que je sois capable de fournir quelque chose de valide. Par exemple la recherche en sociologie, en psychologie, activiste pour la cause LGBTQ, écrire des articles ou des livres sur le sujet trans ou sur un autre sujet qui me parle. Mais même problème que pour le business : il faut se concentrer et être efficace.

Votre psychologue n’a pas compris que je suis pas comme les autres gens qu’elle voit à pôle emploi, ceux qui veulent juste se socialiser via le travail en allant brasser du vent dans une entreprise pour se sentir utiles ou ceux qui n’ont pas le choix car ils ont 4 mômes,  je suis une personne très intelligente, sensible, très complexe, qui n’a pas pour objectif de travailler pour dire « je travaille » ou d’accumuler du capital afin de payer des crédits à la consommation. Tout ca en plus du problème trans bien sûr.

Je dois avoir un job qui a du sens, un job où j’apprends des choses et où j’essaye de résoudre des problèmes complexes. Or pôle emploi ne propose pas ce type de job. Ce type de job relève du marché caché, du relationnel. 

A ce propos, j’ai eu une offre de job via le marché caché dont j’ai parlé à la psychologue mais elle n’a pas encouragé l’idée ni essayé de me faire parler sur ce sujet (ce qui est étrange !), on dirait que pour elle l’important est de répondre à des annonces histoire de dire que je réponds…

L’offre de job : dans le grande journal de canal+ il y a une personne trans, Brigitte Boréale (que j’ai déjà rencontré ya 10 ans et qui est dans mes amis sur Facebook), une de ses amies trans m’a contacté sur Facebook pour me proposer un tournage de sketchs comiques pour canal+.

Je ne sais pas si la proposition est 100% sérieuse mais j’ai dit OK. 

Cette personne sera à Paris en février pour le tournage. Donc j’en saurai plus d’ici peu. En tout cas c’est un style de job qui peut me convenir. Même payé au smic car le job aurait un sens puisque je serais en femme, que le sujet aurait un lien avec le genre et donc une portée politique.

Ce qui me semble avoir du sens aujourd’hui : être une femme. Le reste, tout le reste, je m’en fous. 

Et si je dois travailler en homme ca serait dans un milieu pro LGBTQ, en tant que militant/activiste pour les droits LGBTQ, en tant que chercheur sur le genre, dans une association LGBTQ…je me vois bien faire un doctorat en études de genre, un master en psychologie ou faire des conférences pour parler de la transidentité. 

Les jobs alimentaires pour débiles mentaux, je laisse ca à ceux qui ont besoin d’argent et n’ont pas d’autre choix. 

Moi je ne fume pas, je ne bois pas, je n’aime pas voyager (même gratos !), je n’ai pas d’enfant (et je n’en veux surtout pas), je n’ai pas les voiture (et même gratuite je n’en veux pas), je n’ai pas de crédit, je n’aime pas les restaurants  (un Flunch de temps en temps, un traiteur chinois, ca me suffit !)…donc le RSA me suffit pour vivre à ce jour, surtout que je passe 15h par jours online pour le prix d’un abonnement internet (que j’avais pour 2€ depuis 1 ans via free !!!) 

5) Elle me dit si le rsa n’existait pas…

Bah oui, avec des si…je serais en 1917 dans une tranchée et donc effectivement je me considère comme privilégié d’être en 2017 avec le RSA, je ne pleurs pas sur mon sort de pauvre et ce n’est pas moi qui fait les lois.

Notons qu’ on tend plutôt à généraliser le revenu contre rien en échange (revenu universel) plutôt qu’à le supprimer.

Le RSA est prévu pour les cas psycho-sociaux et pour la société une mâle sans emploi depuis 14 as, qui pense au suicide car il n’est pas femme et qui pense à se castrer pour être femme est un cas psycho-social.

On peut se demander pourquoi je ne demande pas l’AAH. J’en ai parlé à mes 3 psychiatres mais tous disent que ce n’est pas un service à me rendre car si je tombe dans ca alors je risque de ne jamais revenir sur le marché du travail. Donc leur idée est que c’est mieux de rester au rsa, au moins je ne me colle pas une étiquette d’handicapé.

Donc je n’ai même pas déposé de dossier. Pourtant ca me ferait 300€ de plus par mois. Mais l’argent n’est pas mon moteur. Et puis je risque de perdre la CMU et la carte de transport donc in fine l’AAH risque de compliquer ma vie en rendant l’accès aux soins à Paris plus compliqué.

Je sais que vous pouvez me radier, je sais que je peux contester la radiation (uniquement pour ne pas perdre le RSA), je sais que je peux prouver que je ne suis pas en état de travailler pour raison médico-psychique, je serais alors probablement en arrêt maladie, ou à pôle emploi sans obligation de recherche en tant que Rsiste n’ayant pas signé un contrat d’insertion professionnelle mais uniquement sociale, mais bon, ca fera du travail inutile à des gens de pôle emploi, peut être à vous, ca me fera du stress en plus donc autant continuer à faire comme si j’étais normal et que j’avais une chance de trouver un job en étant à pôle emploi ! 

Et puis si je me change en femme, dans 3 mois, 6 mois, 1 an…j’aurais peut être un projet professionnel surprise et vous pourrez alors m’aider. 

Des tas de trans rapportent qu’une fois en femme il y a comme un retour à la vie, tout devient plus clair et ils se sentent capables de faire des choses qui étaient impossibles avant….

6) Elle me dit « monsieur X »…

Je viens de passer 2h à expliquer à une psychologue qui veut me faire travailler que je pense au suicide car je ne peux pas être une femme dans une société anti trans et elle m’appelle monsieur !

Je lui explique que je ne suis pas un monsieur. Elle me répond que si. 

Je lui demande si elle sait mieux que moi qui je suis. 

Elle me répond que pour la loi je suis un monsieur car j’ai une carte d’identité d’homme. Et rajoute que je suis inscrit à pôle emploi en tant qu’homme. 

Je lui réponds qu’elle n’a jamais vu ma carte d’identité et que l’identité de genre n’a rien à voir avec ce qui est sur une carte d’identité mais avec ce qui est dans la tête et que moi je pense que je ne suis PAS un monsieur. Et je dis qu’il y a 14 ans je me voyais comme assez monsieur pour cocher monsieur mais qu’aujourd’hui j’ai changé d’avis et que je ne pouvais pas cocher madame car on m’aurait dit que c’est pas possible ! 

Elle aurait pu me répondre que je ne parle pas de moi au féminin et que donc elle pensait bien faire mais que si ca me pose problème elle ne me dira plus monsieur.

Mais non, il a fallu qu’elle m’explique qu’elle sait mieux que moi qui je suis. Qu’elle argumente pour justifier que je suis un monsieur ! Pour elle je suis évidement un monsieur et donc finalement un idiot incapable de voir ce qui est écrit sur ma carte d’identité…ou un maboule !

7) Vivre hors de la réalité 

Elle dit que quand même, quelque part, je vis hors de la réalité, dans mon monde…

Je lui réponds que la réalité est subjective, que certes je ne vis pas comme la majorité des gens mais que ce n’est pas en soi ne pas être dans la réalité.

Je lui ai expliqué que je vivais avec la réalité suivante : dans tous mes fantasmes sexuels je suis une femme et quand je vois des femmes que je trouve sexy j’ai envie de me suicider car je veux être elles mais je pense que c’est impossible.

Et j’ai précisé que je ne regrettais absolument pas de ne pas avoir travaillé 14 ans car c’était le choix le plus logique compte tenue de cette réalité psychique qui me consomme 90% de l’énergie psychique.

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