Nouage entre image, corps et mots

Mon psychiatre n°1, Hervé Hubert, dit HUB, est un repris du Lacanisme (il a renié Lacan) mais en garde 2 choses : la vision de l’esprit humain comme d’un nouage et la notion de jouissance.

Il pense que les trans ont un nouage spécial et que bien sur chaque personne a son propre nouage.

Pour lui le genre découle de ce nouage.

Les mots = je n’ai pas un nouage femme ou trans car je parle de moi au masculin dans la vie de tous les jours.

D’après mon psychiatre n°2, Jean Guetta, je ne parle pas de moi au féminin car j’ai les pieds sur terre et que je cherche de la cohérence.

Je vois bien que je ne fais pas femme et que personne ne me voit femme, ou du moins je le crois.

Du coup parler de moi au féminin est comme usurper un rôle que je ne me vois pas mériter du fait de l’apparence non féminine.

Je sais que je ne suis pas femme et je me tiens à cette réalité que j’accepte alors que les autres trans ont un pied dans la pensée magique où ils pensent devenir femme en parlant d’eux au féminin.

Selon le HUB, je ne suis pas noué trans sur les mots mais je peux le devenir car les nouages évoluent.

Je note que je n’ai pas seulement du mal à parler de moi au féminin mais de tout le monde, y compris des femmes !!!

Ce qui relativise le fait que je puisse ne pas parler de moi au féminin car je me croirais homme.

Le corps = mon corps mâle ne m dérange pas dans le sens où il ne me dégoute pas et où  ne me sens pas dans un corps qui n’est pas le mien.

Mais je ne jouis pas de mon corps, j’ai la sensation qu’au lieu de me permettre d’explorer le monde et de rentrer en contact avec d’autres corps il met une barrière car je n’ai pas de plaisir à utiliser ce corps alors que les autres ont un plaisir à utiliser le leur.

Je le vois aussi comme un obstacle à la sexualité car il est mâle et que dans TOUS mes fantasmes sexuels j’ai un corps femelle (ou au moins non mâle à savoir que je n’ai jamais de bite) et un rôle de femme. Et je suis toujours avec un homme qui me voit comme sa femme et qui désire ma chatte.

De plus j’ai une géographie érogène féminine et une dynamique sexuelle féminine : j’aime qu’on me touche les tétons et je déteste qu’on me touche la bite, j’aime qu’on m’enfonce des trucs (gode, doigt et bite) dans le corps, je n’aime pas entrer dans le corps des autres.

Donc je dirais que je suis nouée femme au niveau du corps.

L’image =  il y a l’image qu’on voit dans la glace et l’image qu’on montre aux autres.

Quand je me regarde en mec dans la glace = je me trouve assez mec, beau et je m’aime

Quand les autres me voient mec en mec = je ne me sens pas valorisé mais pas non plus déprimé, je dirais que je me sens un peu surpris ! Mais comme les gens me trouvent beaux en général ca ne me dérange pas. Je dirais que le coté narcissique qui jouit d’être vu comme séduisant compense le fait d’être vu mec.

Quand je me regarde en femme dans la glace =

  • si je me trouve trop masculin pour passer en femme = je déprime et je pense très clairement au suicide. Et ce n’est pas lié au fait de me trouver femme moche ou femme moins bien qu’en mec, c’est lié au fait de me trouver MEC. Et le problème de me trouver mec n’est pas lié au fait que je rejette le masculin en général ou que je veux absolument me voir féminine, il est lié au fait que lorsque je trouve que je ne passe pas alors je me dis que TRANSITION impossible, que le rêve d’être un jour femme s’effondre car je ne me vois pas vivre en mec en robe dont tout le monde se moque mais en femme.

Donc là il y a un lien avec l’idée de transition = si transition devient impossible  = je pense au suicide. J’en conclus qu’inconsciemment je sais que je dois faire une transition

  • si je me dis que je ne fais pas mec, que je peux espérer passer en femme = je me sens bien mais pas comme quand je me trouve beau en mec, quand je me trouve beau en mec c’est statique, je dirais même ca fait statue, je me vois comme si je regardais un objet. Quand je me trouve belle en femme je me regarde de façon dynamique, je me dis qu’un avenir est possible, en femme. Ya une jouissance et un espoir. Quand je me vois beau en homme il y a un plaisir narcissique mais une ambiguité qui ne fait pas jouir =   je me dis que je ne peux pas gâcher tout ca en devenant un mec en robe ridicule !

En mec je sens un narcissisme, une volonté de toute puissance, quand je me trouve beau. C’est une beauté qui enferme, qui empêche quelque chose.

En femme je sens une libération, un bien être, quand je me trouve belle. C’est bien plus agréable que de me trouver beau en homme.

Et quand je me trouve belle en femme ce n’est pas lié à des canons de beauté féminins mais simplement au fait de ne pas faire trop mec, de faire tellement peu mec que je peux passer en femme. Donc la beauté en femme = ne plus être mec.

Il n’y a pas une recherche de toute puissance liée à la beauté en femme, il y a une recherche de se sentir légitime en femme et donc de voir une femme dans la miroir.

Quand les autres me voient femmes = j’ai du mal à le croire et je trouve ca agréable, ca me semble trop beau pour être vrai !

J’aime surtout que les hommes me voient femme car ca reveille quelque chose sexuel qui me donne envie qu’ils me draguent et qu’ils me fassent des trucs sexuels comme ils feraient à une femme ! Leur désir pour moi les rends attirants !

Mais j’aime aussi que les femmes me voient femme car je me sens alors acceptées dans leur monde féminin et ca fait du bien.

Je n’aime pas que des femmes me voient femmes dans une optique sexuelle donc je ne me sens pas du tout lesbienne. Plaire à une femme en femme ne m’intéresse pas du tout. J’ai même tendance à revenir en mode mec (dire que je ne suis pas vraiment femme) si une femme me drague ou me plait  !

Donc je dirais que niveau image je suis plutôt femme et que je m’accommode d’être un beau mec car ca flatte ne narcissisme mais je préfère être une femme banale, voire moche, à un beau mec.

Donc je pense que j’ai 2 cercles noué en mode femme, image et corps, et un cercle des mots qui se cherchent encore !!!!

Et je pense que la dysphorie peut venir de ce cercle qui refuse de se nouer en mode femme !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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