Lettre de Mache aux homologues Sofect !

Chère Catherine, Cher Nicolaï,

 
Pourriez vous recevoir en consultation un patient très attachant je trouve, bien compliqué sur le plan diagnostic en terme de dysphorie de genre et en terme psychiatrique, plein de paradoxes : autant dans la provocation que la recherche de séduction, son élaboration est très fine mais le vocabulaire est le plus souvent vulgaire, il a un côté exhibitionniste ou histrionique mais il est le plus souvent reclus chez lui, la sexualité est très présente dans le discours mais l’activité sexuelle est assez pauvre, il a des comportements d’allure paranoïaque (il enregistre les consultations, peut menacer de représailles) mais il ne semble pas tout méfiant, semble honnête, emphatique et authentique.

 

Il est célibataire sans enfant vivant chez ses parents, bénéficiant du RSA et ne travailant pas. On pourrait croire à cette description qu’il est déficitaire mais je pense au contraire qu’il a un haut potentiel intellectuel qui l’handicape. Je vais le faire tester à ce propos. Il vit chez son père qui n’accepte pas la transition. Sa mère est décédée d’un cancer du sein il y a 3 ans et demi.
Il est suivi depuis quelques années par deux psychiatres bien spécialisés dans la thématique : Dr Guetta et Dr Hubert. Il a demandé à avoir un 3ème avis avec moi après avoir vu une de mes interventions, séduit par l’idée de continuum. Il  a obtenu son premier RDV en m’inondant de SMS jusqu’à je le bloque sur mon téléphone après l’avoir menacé de le faire, pour que je me décide à la recevoir craignant qu’il soit en état maniaque.
Il soupçonnait être un travesti jusqu’à début de mon suivi il y a quelques mois et s’était présenté de façon masculine un peu discordante à mon premier RDV. J’ai attesté au 1er RDV qu’il vivait mal son genre et qu’il avait donc une problématique dans le grand spectre de la dysphorie de genre sans aller plus loin. Il semble avoir épuisé le Dr Nicolas Hacher l’endocrinologue, et qui a fini par lui prescrire il y a quelques mois l’hormonothérapie qu’il ne savait pas vraiment s’il allait prendre mais qu’il a pris assez rapidement et que son généraliste lui renouvelle.
Sur le plan phénoménologique, actuellement : « je suis un mâle qui a envie d’avoir un corps femelle et qui a envie d’être une femme, désir très centré sur la dimension de la sexualité et l’autogyénophilie. Il semble exister également à la fois une peur d’une transition insatisfaisante parce que pas assez crédible ce qui lui ferait perdre tout espoir, et un besoin et une satisfaction à la provocation par cette présentation non conventionnelle :  barbe et cheveux longs.
Je pense pour ma part qu’on peut l’accompagner dans une transition progressive qu’il demande

Publicités