S’aimer en homme pour se protéger et reportage sur les trans

Travesti, transgenere, transsexuelle

J’ai regardé le reportage à la TV et j’ai été déçue par le manque d’analyse.

J’ai trouvé ca moyen mais je me suis un peu reconnue dans le témoignage d’une personne (dans le sens où je me vois bien un jour être comme elle) même si je ne suis pas du tout dans son cas :

Cette personne disait qu’elle ne se supportait pas en homme et que heureusement elle ne bandait pas car là ca aurait été…trop dur !

Moi je pense l’inverse : je m’aime en homme car j’ai un corps qui fonctionne et donc en homme je peux obtenir un réponse positive de l’extérieur, des femmes vont s’intéresser à ma bite et à moi car j’ai une belle bite. 

Si j’étais impuissant ou que j’avais une mini bite ca serait un complexe, je me sentirais handicapé et donc être un homme aurait encore moins de sens qu’aujourd’hui, donc je me détesterais car j’aurais non seulement un corps qui ne correspond pas à celui dont j’ai besoin pour jouir mais en plus il serait non fonctionnel tout court donc double peine.

Là, au moins il fonctionne et permet d’avoir une socialisation sexuée normale avec des avantages.

Idem si je me trouvais moche en mec, je ne me supporterais pas. En gros si j’étais comme la plupart des mecs : chauve, osseux, avec un gros bide, un grand nez et un cul plat et pas de lèvres et des dents nazes : je ne me supporterais pas !

Là, au moins je peux passer pour un mec mignon (en mec) ou pour une personne trans pas grotesque ca trop masculine (en femme), donc en homme ou en femme je ne me perçois pas comme une caricature de mec et je me vois physiquement sans genre marqué, ambigu.

Ce qui me fait tenir en homme ce n’est pas que j’aime être un homme, pas que je trouve ca socialement valorisant, sexuellement jouissif ou mentalement épanouissant de tenir un rôle de mec. 

Ce qui me fait tenir c’est que je me dis que si je change de sexe/genre social je n’aurais jamais droit à un rôle de femme mais à un rôle de trans et que je pense que le rôle de trans n’est pas forcement plus vivable que le rôle de mec dans la situation PUISQUE je ne me déteste pas en homme. 

Si je savais que le rôle de femme était possible sexuellement et socialement je changerai probablement de sexe/genre social sans peur et avec peu ou aucun regret à l’arrivée.

Et plus mon corps mâle sera fonctionnel et permettra de vivre avec des avantages liés à ce corps et plus perdre ce corps pour un autre corps moins fonctionnel sera peu rationnel.

Je vois donc le corps mâle comme un outil qui permet de faire des choses en société, d’avoir un pouvoir sur les autres, mais pas comme quelque chose qui représente ce que je suis et dont je tire une identité et encore moins une fierté ! 

Donc je ne me considère pas comme un homme mais comme un humain ayant un corps mâle qui fonctionne, je me vois un peu comme dans un robot humain que je dirige. 

Comme Actarus dans Goldorak, je bouge ce corps mais ce corps est juste un outil et non ce que je suis. Ce que je suis c’est une personnalité, un esprit, des idées, une culture, des valeurs, un humour et peut être un genre femme ou au moins des fantasmes sexuels où je suis femme.

Comme le corps marche et qu’il plait aux autres je l’ai adopté et je le préserve doublement en évitant de le ruiner par des comportements idiots car s’il est malade je serais mal et s’il est moche je voudrais m’en débarrasser en me changeant en femme.

Donc comme dans ma tête me changer en femme a longtemps été impossible, techniquement et socialement de la science fiction, je me devais de préserver ce corps au maximum car s’il venait à être malade ou moche je serais devant un mal être bien plus grand que quelqu’un qui se sent homme et qui veut garder son corps de mec, quelque soit ce corps.

Du coup mon coté narcissique, c’est moi le plus beau et le plus intelligent, est une protection, il me permet de me supporter en homme. C’est une sorte de prothèse qui fait tenir physiquement/socialement en homme sans être mentalement homme. 

Le narcissisme en homme permet de faire semblant de jouir d’être un homme, il repousse en partie le besoin psychique d’être femme et me protège donc contre le suicide social que constitue la situation d’être physiquement trans dans un monde anti trans. 

Et je pense spécialement à suicide social que serait le fait de ne pas plaire à la mère, combler le narcissisme de la mère en étant suffisamment mignon pour faire fille (ma mère voulait une fille) mais assez masculin pour ne pas subir sa moquerie (ma mère déteste les gays, les trans et les mecs efféminés), telle a été ma logique inconsciente je pense.

 

 

Publicités