Trans et/ou malade mental ?

Travesti, transgenre, transsexuelle

J’en suis à quasi 10 ans de thérapie si on compte en nombre de rdv (on peut dire que quand je vois 2 psychiatres par semaine ca compte double donc depuis 18 mois ca compte double)

Et plus je parle à des psychiatres (Tix, Hub, Guetta, Moulin),

plus j’apprends  online sur la maladie mentale,

plus je parle à des gens labelisés et traités comme bi (j’en connais au moins 4), borderlines, schizophrènes (smog), sensitifs de Kretschmer (ma fausse meuf), anxio-depressifs (la raton), alcoolo-AAH (Max)… et j’en ai croisé pas mal d’autres puisque j’ai zoné en socio-thérapie 2 ans,

plus je parle à des gens pas suivis mais qui en ont clairement besoin (le harki et x autres personnes de mon passé)

et plus je me dis que je ne suis PAS malade mental.

J’ai certes une vie peu banale mais je ne fais rien de dangereux, je suis peu impulsif au quotidien, je ne consomme aucune substance psycho-active, je n’ai pas une déformation de la perception de la réalité, je n’ai pas d’hallucination, pas de crise d’angoisse, pas de parano, pas d’impuissance sexuelle, pas d’addiction sexuelle, pas de dépression majeure, je n’ai jamais fait de TS…j’ai donc comme dirait Guetta peu de symptomes psychiatriques évidents.

J’ai un coté schizoïde (c’est à dire auto-suffisant et peu attiré par la vie en société) mais je ne pense pas avoir une personnalité schizoïde car j’aime parler avec des inconnus et raconte ma vie partout et les schizoïdes ne font pas ca.

Je pense que mon seul problème est la dysphorie, très probablement lié au genre.

Comme dit Johnny = on a tous quelque chose en nous de Tennessee !

Moi j’ai quelque chose de TRANS en moi. Et je pense que cette chose m’empêche de vivre.

J’ai une anxiété liée à l’idée qu’il y a des femmes et des hommes et que je ne suis pas dans la camps des femmes. Et je ne suis jamais un homme mais une FEMME dans mes fantasmes sexuels. Les autres gens n’ont pas ca, ils sont en fantasme ce qu’ils sont dans le réel.

Ca peut paraitre comme un détail cette histoire de ne pas être homme dans les fantasmes mais c’est quelque chose d’essentiel dans mon mal être.

En effet, la sexualité est quelque chose de central dans le développement de la personnalité.

Les gens se construisent une identité qui intègre les fantasmes sexuels. Les fantasmes ne tombent pas du ciel, ils sont la conséquence d’une dynamique pulsionnelle et d’un processus psychologique.

Je pense qu’il y a une relation importante entre les fantasmes et l’identité. Et que cette relation joue une rôle important sur le bien être psychique.

Chez moi cette relation est compliquée puisque je suis un femme en fantasme et qu’en réel je suis un homme. Et on peut penser que si je suis femme en fantasme ce n’est pas signe que j’ai une identité homme.

Donc il y a un conflit entre un fonctionnement psychique potentiellement femme et une réalité où je suis homme. Et ce conflit provoque une souffrance et entraine une sorte de floue identitaire car difficile de se dire femme quand on constate qu’on à un corps mâle et qu’on sait qu’on est dans une société qui dit que femme implique un corps femelle.

Je pense donc que je suis trans. Je ne pense pas avoir une maladie mentale qui entraînerait cette envie d’être femme (une sorte de délire psychotique ou de flou identitaire borderline). Je ne pense pas non plus avoir une maladie mentale qui n’aurait rien à avoir avec cette envie d’être femme.

Et je dis alors que je n’ai aucun tabou sur la maladie mentale et donc aucune honte à me dire malade mental. Je ne dis pas ca pour fuir l’idée que je suis malade car la maladie mentale me ferait peur.

Et quelque part je préférerais être malade mental car ca serait plus simple. Plus simple car la maladie peut se traiter. Plus simple car trans  revient à se balader avec un panneau « je suis malade mental » et à subir le stigma qui pèse sur les malades alors qu’on n’est pas malade !

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Ayé, je suis DOUBLE trans : 2 psychiatres me disent trans !

Travesti, transgenre, transsexuelle

Aujourd’hui j’ai raconté mes salades devants des étudiants en master et en doctorat de psychologie sous la supervision de mon psychiatre n°1 HUB (dit Hervé Hubert).

Il était très content et a dit que je leur avais beaucoup appris.

J’ai pu avoir confirmation de ce que je savais déjà : parler devant un public de x personnes ne me provoque pas d’anxiété.

Je lui ai redemandé à la fin quand on était dehors si j’étais trans (il disait il y a 2 ans que je n’étais PAS trans, puis a changé d’avis plusieurs fois).

Mon psychiatre n°2, Jean Guetta, lui a toujours dit que j’étais trans (enfin à partir du moment où il m’a dit trans soit après 12 rdv en 3 mois il n’a jamais changé d’avis, je le vois depuis 1 an et demi).

Du coup j’avais 2 psychiatres de qualité qui se contredisaient pendant 1 an, ce qui me posait problème.

Là, HUB dit comme Guetta que je suis trans et qu’il est OK pour me faire une lettre attestant que je peux prendre hormones ou me castrer !

Ca me fait du bien qu’ils soient d’accord mais que faire de ca now ?

Je me rend compte que là je suis en train de faire comme les trans qui essayent de se « vanter »  en disant qu’ils sont trans comme si c’était une bonne nouvelles d’être dit trans par des psychiatres (vaut 100 fois mieux ne pas être trans et être un banal travesti qui se branle !).