Différences entre mes 2 psychiatres

Travesti, transgenre, transsexuelle

 

Je pense que Guetta pose les bonnes questions, auxquels je ne peux pas forcement répondre de suite mais qui me travaillent ensuite et je finis par trouver une réponse qui semble assez évidente ex post.

Hubert me laisse parler sans intervenir du coup je fais les questions, les répondes, les contres questions, les contres réponse et je tourne en rond comme un hamster dans sa roue pour finir par me dire que si je tourne au lieu d’avancer c’est que je ne suis pas trans !

Guetta est bien plus terre à terre et cible mon problème, Hubert est dans un échange entre 2 inconscients !

Donc je me sens mieux quand je sors de chez Guetta que de chez Hubert et plus trans quand je sors de chez Guetta que de chez Hubert.

Les bonnes questions de Guetta :

1) Je pense ne pas être homme, je veux une corps femelle, pourquoi je ne me dis pas femme, pourquoi la bascule homme => femme avec un « je suis » ne se fait pas  ?!
Ma réponse actuelle : le corps me bloque, ce corps male me fait sentir non légitime, d’où je pense que le genre découle du corps ou du moins qu’il entre dans le genre, or je veux changer mon corps, d’où j’ai un genre femme qui veut pouvoir dire « je découle du corps femelle ou je suis femme, la preuve regardez mon corps ».

D’où c’est pas un genre homme qui me bloque mais un non sexe femelle.

2) Si je veux être à la place sociale en étant comme je suis, être elle ou être comme elles

a) être elle
Etre elle implique même cerveau, même corps, même role et donc totalement disparaitre en tant que moi.
Or si on a un moi femme, un genre femme pourquoi vouloir le moi de l’autre pour être femme ?
Je ne veux pas changer mon esprit mais mon corps. Je veux le corps de cette femme. Le même, identique, 100% pareils, permettant à mon esprit de s’exprimer dans le monde réelle. Donc la clairement je supprime mon corps. Sans hésiter.
D’où si je pense que mon esprit est capable de diriger le corps de cette femme c’est que je dois penser qu’on a un esprit proche.
Conclusion : j’ai un genre femme puisque je garde mon genre dans le corps femelle que je veux.

b) être à la place sociale, faire ce qu’elle est en train de faire
Oui, j’aimerais que les autres me voient comme ils la voient elle, à savoir une vraie femme, femelle, avec un corps et un esprit femme et qui peut se comporter de façon féminine librement en société (donc le comportement sexuel : sexe avec hommes)  et pour ca il me faut son corps car les gens voient le corps.
Les gens voient aussi le corps bouger, controlé par le cerveau mais si mon cerveau me convient pour le contrôler c’est que je pense que mon cerveau fera marcher ce corps femelle de façon socialement femme et non comme une femme qui se comporte en homme.
D’où encore une fois, j’ai un genre assez femme puisque j’ai confiance en ma capacité à contrôler ce corps et à le rendre socialement féminin en me comportant en étant moi

c) être comme elle
Le comme elle pourrait laisser penser qu’on veut copier, être une copie, or je ne veux pas copier mais être moi.
On se sent un peu fausse femme, comme une femme.
Je ne veux pas être une fausse femme, je veux être une femme, 100% femme.
Donc le comme fait plutot travesti : copie de l’original

Par contre j’aimerais être dans le même groupe social qu’elle : les femmes, les gens qu’on classe de sexe féminin, en leur attribuant à tort ou à raison des qualités imaginaire féminines, je veux faire partie des gens qu’on traite comme des femmes.

Or je suis féministe donc je pense que les femmes sont maltraitées mais je veux quand même ce traitement si ca assure une place dans ce groupe, d’où je dois avoir un genre FEMME.

Donc ce que je veux :

  1. un corps 100% femelle qui ne garde RIEN de mon corps actuel, là une copie conforme du corps de la femme que je vois devant moi me convient très bien, avec défauts et qualités, tant que les défauts sont signe de féminin (par exemple cellulite, sein qui tombent, corps gras et peu musclé…tous ces défauts je PRENDS mais une calvitie féminine ou des pieds 43 non merci),
  2. mon visage, que je reconnais clairement, avec un peu plus de féminin, et un peu moins de masculin, histoire de ne pas faire femme masculine à cause du visage, donc sans barbe, juste car la société ne voudra pas une femme à barbe mais pas car la barre me dérange ! Idem pour la voix, voix féminine pour ne pas faire mec.
  3. avec mon esprit actuel qui ne change pas du tout à part qu’il se débarrasse de la l’auto-censure imposé par le corps male pour ne pas se voire femme
  4. un role social de genre féminin c’est à dire la capacité à exprimer des pensées, des envies, des gouts, un mode de vie,  perçus par les autres comme féminins, sans être socialement emmerdée mais en y étant encouragée (par exemple si je veux avoir les cheveux longs colorées, porter des talons, pleurer, être femme au foyer ou sucer un homme !)

Donc finalement j’ai envie de vivre une vie sociale normale dans le genre femme, rien de plus puisque je changer des trucs pour les autres.

Or pour celà il faut un corps qui est accepté par soi et par les autres comme un corps de femme, d’où je veux le corps des femmes des femmes que je vois pour pouvoir vivre comme elle.

Je ne veux pas d’un corps figé sur un poster de vue porno pour exciter, pas un corps objet, je veux une corps qui a une vie d’où je ne fantasme pas du tout sur les corps idéalisés/normalisés du porno, refaits, tous identiques, je fantasme sur une corps de femme de la vie quotidienne et donc je crois sans m’en rendre compte sur une vie social de femme.

Le corps est non pas le but mais le moyen d’avoir une vie libre et heureuse dans le genre femme.

D’où la on n’est plus dans le fantasme sexuel, plus dans l’obsession du corps pour le corps.

On est dans un truc vraiment trans, passer d’une VIE à l’autre.

 

 

 

 

Publicités